Diagnostic prénatal : ils accusent le CHU de Québec de ne pas avoir détecté la maladie de leur fille

Publié le : 25 janvier 2021

Le 13 janvier, les parents de Manon [1] ont déposé un recours devant la Cour supérieure de Québec : ils « réclament près de 10 millions de dollars [2] au CHU de Québec et à un médecin généticien pour ne pas avoir détecté l’anomalie chromosomique de leur fille lors d’un dépistage prénatal ».

Manon est aujourd’hui âgée d’une dizaine d’années. Elle est porteuse d’un syndrome génétique, « la tétrasomie du gène 15q11 associé à un trouble du spectre de l’autisme, à une dyspraxie motrice grave et à un trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité ». Des symptômes qui réclament un « soutien et un accompagnement constant » de ses parents.

Durant sa grossesse, la mère de Manon a été étroitement surveillée, du fait de son âge (plus de 35 ans). Elle a notamment réalisé une amniocentèse, suite à laquelle le généticien n’a pas « détecté le problème ». Dans le cas contraire, « le couple aurait choisi de ne pas mener la grossesse à terme ». Le diagnostic a été posé plusieurs mois après la naissance de Manon, « chamboulant la vie de la petite famille ».

Durant ces premières années de vie, « les parents de Manon étaient persuadés que l’anomalie chromosomique n’était pas visible à l’amniocentèse faite à 17 semaines de grossesse ». Mais suite à la rencontre d’un généticien, ils suspectent « une faute médicale » et enclenchent les procédures judiciaires. Ils « estiment que leurs problèmes découlent des fautes qu’ils reprochent au Dr Gékas, aux technologistes et au personnel de laboratoire du CHU de Québec-Université Laval » : outre les dépenses liées aux soins de leur fille, leurs propres problèmes de santé développés suite à l’annonce du diagnostic de leur fille (« anxiété, perte d’énergie, palpitations et douleurs physiques »), l’impact sur leurs vies professionnelles respectives et leur éloignement conjugal. Si l’anomalie avait été détectée en prénatal, « Manon ne serait jamais venue au monde et les dommages auraient ainsi été évités », écrivent-ils dans leur demande introductive d’instance.

[1] nom fictif.

[2] 2,7 millions pour leurs « préjudices moraux et matériels » ; 6,63 millions de dollars pour « payer les soins et équipements dont leur fille aura besoin ».

Source : Radio Canada, Louis Gagné (22/01/2021)

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