Délai de réflexion avant une IVG : « Si j’avais agis dans l’urgence, je le regretterais encore aujourd’hui »

Publié le : 31 mars 2015

Sur le site du Monde, près de 70 femmes ont répondu à la question : « Le délai de réflexion de sept jours avant une IVG vous a-t-il servi ? ». Une synthèse de ces témoignages est publiée aujourd’hui : « Cet échantillon, qui n’a évidemment pas de valeur représentative, se dit en majorité favorable à la suppression du délai de réflexion obligatoire. La plupart l’ont mal vécu ».

 

Les témoignages recueillis font ressortir ce délai comme une « souffrance supplémentaire dans un moment déjà difficile », qui entraine « angoisse, culpabilité, emprisonnement » ; ces 7 jours sont « infantilisants ». Cependant « aucune ne présente l’acte comme anodin », et « quelques voix dissonantes se font entendre » : deux femmes témoignent avoir changé d’avis grâce à ce délai et gardé leur enfant : « si j’avais agis dans l’urgence, je le regretterais encore aujourd’hui ».

 

La suppression du délai de réflexion divise (cf. Gènéthique du 20 mars & 30 mars). L’amendement a été voté en commission le 19 mars et le projet de loi est débattu à l’Assemblée du 31 mars au 10 avril [1].

 

La Croix revient également sur le sujet en se faisant l’écho des « voix qui s’élèvent, parmi les médecins mais aussi les femmes qui l’ont vécu, pour rappeler qu’un avortement n’est jamais banal » ; « Alors que les dernières mesures s’appuient sur la volonté de servir la cause des femmes, de ne pas les ‘infantiliser’, ou les ‘stigmatiser’, les récentes dispositions pourraient se retourner contre elles. ». Ainsi Colombe Schnek, journaliste qui a vécu un avortement au lycée rappelle que c’est « une guerre que l’on traverse, entre la vie et la mort l’humiliation, l’opprobre et le regret ». Guillemette Porta, de l’association Agapa remarque qu’« à l’heure actuelle, il semble qu’au lieu de soutenir les femmes, on les renvoie à leur solitude, sur le mode : ‘tu as choisi d’avorter, quel est le problème ?’ ». Gilles Grangé, gynécologue obstétricien de Port Royal fait le même constat : « A force de banaliser l’avortement, on interdit aux femmes de pleurer. Autrement dit, on s’interdit de reconnaitre une détresse s’il y en a une – et c’est souvent le cas. Bref, on tue la parole », « on fait fausse route en pensant lutter contre la culpabilité des femmes en banalisant l’IVG ».

 

[1] Note de Gènéthique

Le projet de loi Santé contient des dispositions relatives à l’avortement, qui ne concernent pas seulement la suppression du délai de réflexion. Pour en prendre connaissance, consultez l’Infographie de Gènéthique : « Projet de loi Santé – Evolutions envisagées banalisant l’avortement ».

 

<p>La Croix, 31.03.2015 (Marine Lamoureux) - Le Monde 30.03.2015</p>

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