Créer des « embryons artificiels » pour contourner la législation

Publié le 16 Oct, 2017

Dans le but de « contourner les limites législatives » à la recherche sur l’embryon humain, des équipes de chercheurs tentent de créer des structures embryonnaires à partir de cellules souches. En suivant un protocole similaire à celui utilisé pour obtenir des organoïdes (cf. Des chercheurs créent des « mini-organes » in vitro), les cellules souches cultivées s’assemblent et « créent des bouquets de cellules qui ressemblent de plus en plus à des embryons ». Ainsi des scientifiques du Michigan déclarent être sur le point de pouvoir fabriquer des « embryoïdes » par centaines. Ils estiment que ces « embryons synthétiques » ne sont pas de véritables embryons, et qu’ils ne sont donc pas soumis à la même règlementation.  Leur étude publiée au mois d’août ne parle d’ailleurs pas d’embryons mais de « kystes asymétriques », qui « pourraient être utilisés pour dépister les médicaments causant des malformations congénitales, pour la médecine reproductive ou pour créer du matériel de base pour des organes artificiels ».

 

Les recherches sur l’embryon humain sont « contraintes » par la règle des 14 jours : tout embryon doit être détruit avant 14 jours de développement in vitro (cf. Recherche sur l’embryon : sur quoi se fonde la règle des 14 jours ? ). Les embryoïdes pourraient échapper à cette règle. Par contre, les Etats-Unis interdisent le financement fédéral pour toute étude sur les embryons, « quel que soit leur origine », ce qui n’exclut pas les « embryons artificiels ».

 

Quelques mois plus tôt, des chercheurs britanniques ont déclaré avoir « construit des embryons de souris de six jours en combinant deux types de cellules souches » et ils tentent maintenant de parvenir au même résultat avec des cellules souches humaines (cf. Des chercheurs britanniques tentent la création d’embryons artificiels de souris, avant de passer à l’homme). Une autre équipe à l’Université Rockefeller de New York mène des expériences similaires : « Ce que nous avons réalisé, c’est que les cellules souches sont programmées pour faire un embryon. C’est ce qu’elles veulent faire. Si les cellules sont dans la bonne forme, à la bonne densité, et que vous leur donnez le bon signal, elles prennent le relais, elles se parlent les unes aux autres ». Au mois de mars, c’est une équipe de l’université de Harvard, qui proposait de nommer ces « nouvelles entités » des « entités humaines synthétiques présentant des caractéristiques semblables à celles d’un embryon ».

 

Des expériences qui resteront probablement contestées, estime Jonathan Kimmelman, membre de l’unité de bioéthique de l’Université Mc Gill à Montréal.

 

BioEdge, Michael Cook (14/10/2017); MIT technology review, Antonio Regalado (19/09/2017)

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