COVID-19 : des personnes âgées incitées à « réfléchir à deux fois » avant de recourir aux soins intensifs

Publié le : 3 avril 2020

Aux Pays-Bas, les médecins conseillent aux patients âgés de « réfléchir à deux fois » avant d’accepter de recourir aux soins intensifs si leur état de santé se détériorait après avoir été contaminé par le coronavirus. Ce qui ne manque pas de leur attire des critiques. Ils sont accusés d’essayer de rationner les lits. Avec l’épidémie de COVID -19, le système de santé néerlandais s’approche de ses limites, bien qu’il tente de « doubler le nombre de lits de soins en soins intensifs d’ici dimanche ». Les Pays-Bas disposent de 6,4 lits de soins intensifs pour 100 000 habitants, contre 15,9 en Belgique et 29 en Allemagne.

 

Des députés ont fait part de « leur inquiétude » au Parlement mercredi, alertés par des personnes âgées quant aux appels reçus de médecins leur posant des questions « sur le traitement à recevoir en soins intensifs, comme la mise sous ventilation, s’ils devaient contracter le COVID-19 ». « Les personnes âgées ont peur que si elles tombent malades, elles ne soient pas les bienvenues dans l’unité de soins intensifs et qu’on les laisse mourir chez elles », a déclaré le député Henk Krol, demandant au gouvernement « de clarifier sa politique et d’expliquer ce qui a motivé ces appels ».

 

En réponse, le ministre de la santé Hugo de Jonge a affirmé que ces appels n’étaient pas liés à une politique officielle du gouvernement, déclarant que ce type de discussions est « une pratique courante ». « Nous appelons cela la planification préalable des soins » qui consiste à « avoir une conversation sur « ce que vous voudriez qu’il se passe si vous tombez malade » » précise-t-il, affirmant que ces conversations « ne sont pas basées sur l’âge des patients ».

 

Par ailleurs, le Collège néerlandais des médecins généralistes (NHG), « qui représente 12 000 médecins », a nié un quelconque lien entre ces appels et une pénurie de lits, incriminant « le moment choisi » qui a pu contribuer à véhiculer cette idée. Pour Jako Burgers, médecin généraliste et porte-parole du NHG, « ces discussions permettent aux médecins d’avertir les patients fragiles des dangers du traitement COVID-19, qui peut impliquer des semaines sous ventilateur dans une unité de soins intensifs et une longue récupération par la suite ».

 

 

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<p>Reuters, Stephanie van den Berg et Anthony Deutsch (02/04/2020)</p>

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