Commerce procréatique entre l’Allemagne et la Pologne

Publié le : 31 août 2011

Madame Figaro a consacré un article intitulé "Fertility business", au commerce procréatique croisé qui s’est installé de part et d’autre de la frontière germano-polonaise. La clinique VitroLive, située à Szczecin en Pologne, attire de nombreux couples allemands désireux d’avoir recours à une fécondation in vitro (FIV). A l’inverse, de nombreuses polonaises passent la frontière pour aller se faire avorter à Prenzlau, à 48km de Szczecin, dans le service de gynécologie de l’hôpital public.

Ce service, dirigé par le Dr Janusz Rudzinski, est spécialisé dans l’interruption médicale de grossesse et reçoit de plus en plus de patientes polonaises : en 2010, elles furent 600. En Pologne en effet, la pratique de l’IVG est plus restrictive depuis la chute du communisme : elle est autorisée en cas de viol, de malformation ou de danger pour la santé de la mère et rares sont les médecins à pratiquer des avortements clandestins. Les femmes se présentent dans le service du Pr Rudzinski qui pratique en moyenne deux curetages par jour pour un tarif standard de 450€.

La clinique VitroLive, créée par le Dr Rafal Kurzawa, est l’une des nombreuses "fertility clinics" à s’être développées sur le sol polonais, profitant de l’absence totale de réglementation en matière de FIV. La Pologne est aujourd’hui le seul pays européen où les techniques de fécondation artificielle ne sont absolument pas encadrées. Alors qu’en Allemagne, la législation sur l’assistance médicale à la procréation (AMP) est plutôt restrictive (interdiction du diagnostic prénatal et de la conservation embryonnaire), nombreux sont les couples à tenter une AMP en Pologne. Chez VitroLive, les affaires sont florissantes : un "pack FIV" coûte entre 2500 et 2700€ et le chiffre d’affaire de la clinique connaît une croissance de 15 à 30% par an, favorisée par l’ouverture des frontières et l’essor d’Internet.

Pour le Dr Rudzinski, peu importe les législations bioéthique, le principal est le désir des patientes. Il en veut pour preuve le cas de cette femme qui, s’étant faite inséminer en Pologne, n’a finalement pas voulu garder l’enfant et est venue avorter dans son service.

Figaro Madame (Prune Antoine) 12/08/11

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