Changement de sexe chez les enfants : « C’est comme si mon fils était sous emprise »

Publié le 2 Nov, 2021

Au Canada, un père de famille a été condamné, en mars 2021, à six mois de prison car il s’obstinait à « mégenrer » sa fille, « contrevenant aux ordres de la justice visant à protéger l’enfant ». Après avoir découvert que le prénom de sa fille avait été remplacé par un prénom masculin dans des documents scolaires alors qu’elle avait 12 ans, ce père s’insurge et explique que sa fille « est instable et souffre de dépression depuis la séparation de ses parents ». Mais la justice tranche avec l’accord de la mère : la jeune fille de 13 ans est autorisée à débuter un traitement hormonal (cf. Texas : des parents s’opposent au sujet du changement de sexe de leur enfant de 7 ans).

Et puisque le père de la jeune fille « persiste à utiliser son prénom féminin quand il parle à son enfant », il est condamné pour « «violence familiale ». Dès lors, « la cour d’appel de la Colombie-Britannique interdit au père de “tenter de persuader AB d’abandonner son traitement médical“, et lui impose d’utiliser des pronoms masculins et de l’appeler par son nouveau prénom ».

Des parents désemparés

Ce père canadien n’est pas le seul à devoir affronter ces problématiques de « genre ». Des parents se retrouvent face à leur adolescent qui leur annonce être « transgenre ». « Sans aucun signe avant-coureur ».

« Comment faire comprendre à nos enfants que leur mal-être n’est pas forcément dû à une transidentité ?, s’interroge Camille[1] une mère de famille qui s’efforce de rassembler d’autres parents dans la même situation. On a l’impression d’être plongé dans un monde de science-fiction, où énoncer le moindre conseil de prudence devient transphobe. » Une crainte partagée par Corinne : « Si nous, parents, on émet une réserve, c’est tout juste si l’Aide sociale à l’enfance ne débarque pas…» (cf. « Thérapies de conversion » : un nouveau délit et une définition élargie ?).

Des enfants sous influence

Julie a été agressée sexuellement alors qu’elle avait 13 ans. En seconde, elle décide de prendre de la testostérone, comme une de ses amies qui traverse « une crise identitaire ». Mais le psychiatre lui explique « qu’il ne lui donnera pas de traitement avant que son problème psychologique soit résolu ». Alors la jeune fille tente de se procurer des hormones toute seule.

« Quand on lui dit “regarde ce qui se passe en Suède ! (cf. Dysphorie de genre : un hôpital abandonne le traitement hormonal chez les mineurs, jugé « expérimental »), elle nous rabroue d’un “transphobes!” » témoignent ses parents qui s’inquiètent : « Quand on sait que des associations organisent des collectes pour la transition de personnes qui n’en ont pas les moyens… ».

Des parents qui ont « le sentiment d’avoir un enfant embrigadé dans une secte » : « Fugues à répétition, soirées alcoolisées, drogue… Même mode opératoire pour provoquer une rupture de communication avec l’entourage. On est totalement démunis, expliquent-ils. L’autorité, ce n’est plus nous, ce sont les réseaux sociaux. »

Le poids des réseaux sociaux

« C’est comme si mon fils était sous emprise, qu’il s’était radicalisé, analyse une maman. Lui qui avait toujours été très proche de moi, s’est fermé à tout contact, raconte-t-elle. Jusqu’à me lâcher : “Je ne t’aime pas, tu es toxique. De toute façon, l’amour maternel n’existe pas, c’est une construction sociale.” ». Sur les forums de discussion, le conseil « n’hésite pas à quitter tes parents… » est monnaie courante.

De son côté, Julie qui veut être appelée Jules est en fugue. Elle a demandé à « son avocat » de porter plainte contre ses parents pour « harcèlement moral ».

S’accomplir ou revendiquer des droits ?

Pour Laurence de Charette, journaliste au Figaro, dans un contexte où « par une sorte de mystification du réel, le sexe devient une affaire de choix personnel, un questionnement toujours ouvert où hommes et femmes ne seraient plus des réalités mais des “catégories” non exhaustives », « il n’est pas certain qu’il se trouvera encore assez de résistance pour défendre, face aux délires victimaires qui gagnent la planète, l’accomplissement de l’être dans les limites du monde plutôt que dans la course aux droits ».

 

[1] Les prénoms ont été changés par le journaliste.

Sources : Le Figaro, Stéphane Kovacs (29/10/2021 et 30/10/2021) ; Laurence de Charette (29/10/2021)

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