Cellectis : licence sur les cellules iPS

Publié le : 25 novembre 2010

Cellectis, une société française spécialisée dans l’ingénierie des génomes, vient d’obtenir un accord de collaboration avec le laboratoire du chercheur japonais Shinya Yamanaka, le Center  for iPS  Cells Research and Application (CiRA) de l’université de Kyoto, et une licence d’exploitation spéciale pour l’exploitation commerciale des cellules iPS.

Le Pr. Yamanaka était parvenu en 2006 à transformer des cellules adultes en cellules souches pluripotentes possédant des propriétés similaires aux cellules souches embryonnaires. La découverte de ces nouvelles cellules, baptisées cellules iPS (induced pluripotent stem cells) a plusieurs avantages : d’une part, elle permet de s’affranchir d’un recours aux cellules souches embryonnaires humaines, éthiquement controversé car nécessitant la destruction d’embryons humains ; d’autre part, les cellules iPS s’obtiennent à volonté et de façon individualisée à partir d’un seul prélèvement de tissu.

Le devenir de la cellule adulte en cellule iPS dépend du lieu d’insertion des gènes régulant la pluripotence dans le génome. Ceux-ci peuvent entrainer une évolution cancéreuse selon leur lieu d’introduction. David Sourdive, vice-président chargé du développement de Cellectis explique : "nous nous sommes familiarisés depuis un an avec la technologie japonaise et nous pensons avoir les meilleurs atouts pour produire des iPS de façon industrielle, en appliquant le savoir acquis sur les lignées cellulaires ordinaires. […] Avec les iPS, nous allons pouvoir proposer aux industriels un outil de test in vitro plus prédictif des potentialités de leurs molécules, car tenant davantage compte de la diversité génétique". Cellectis propose ses lignées cellulaires aux industries de la pharmacie et des biotechnologies qui doivent tester de nouvelles molécules ou cherchent à produire des protéines thérapeutiques. La société souhaite établir peu à peu une banque d’iPS grâce à des accords avec des banques de tissus qui fourniront des échantillons issus de patients caractérisés. En conformité avec les règles éthiques françaises, l’anonymat des données des patients sera garanti. Des outils de test in vitro pourraient être mis sur le marché d’ici 2 ou 3 ans. Ce projet est porté par une filiale de Cellectis, appelée Ectycell et commencera début 2011.

Cellectis pense également, dans un deuxième temps, à  la fabrication  de greffons pour la médecine régénérative grâce aux iPS : application qui requiert encore une dizaine d’années pour être industrialisée.

Les Echos 25/11/10

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres