Bioéthique : préserver le principe d’humanité

Publié le : 14 janvier 2011

Dans Le Figaro, le Cardinal André Vingt-Trois rappelle que "l’humanité d’une société, la qualité de sa civilisation, se mesure à la manière dont elle traite les plus vulnérables: les enfants, les exclus de toute sorte mais aussi les malades en fin de vie ou les êtres humains au tout début de leur histoire". Alors que le projet de loi de bioéthique va être discuté au Parlement et que le Sénat va se pencher sur des propositions de loi sur l’euthanasie, il est urgent de veiller au principe d’humanité, qui doit être sans compromis.

Le Cardinal Vingt-Trois souligne que "le ‘diagnostic pré-implantatoire’ n’est pas la chasse gardée de quelques spécialistes", que la recherche sur l’embryon humain n’est pas uniquement "une question scientifique" et que la société entière est concernée par l’accompagnement des grands malades en soins palliatifs : au coeur de ces problématiques, "c’est le respect imprescriptible de la dignité humaine" qui est en jeu. Reconnaître cette dignité ne consiste pas à s’opposer à la science mais "au contraire affirmer, par respect pour la science elle-même, qu’elle peut et qu’elle doit intégrer le principe d’humanité".

Céder à la tentation de l’eugénisme, qui stigmatise "la population déjà fragile des personnes trisomiques et de leur famille", considérer "comme normale" la recherche sur l’embryon humain et les destructions qu’elle implique, ne proposer que la mort aux malades attendant d’être aidés ou encore donner voix aux pressions financières et commerciales dissimulées derrière "le masque d’un scientisme naïf" : tout cela serait "à proprement parler suicidaire pour notre société".

Rappelant les résultats prometteurs des recherches sur les cellules souches adultes ou reprogrammées (iPS), le Cardinal Vingt-Trois interroge : "notre pays ne devrait-il pas concentrer ses énergies sur ces recherches et devenir davantage une terre d’excellence dans ce domaine ?"  Aucune liberté n’existe sans respect du principe d’humanité et l’homme est libre parce qu’il n’est pas seulement une réalité biologique souligne Mgr Vingt-Trois qui prévient que se donner le droit de bafouer la dignité de l’homme "au nom d’une prétendue liberté constituerait une contradiction meurtrière". Dénonçant l’illusion de confondre plus petit dénominateur commun éthique et cohésion sociale, il rappelle que "seule une haute vision de l’homme permet de construire la paix". La culture de la France, son histoire,  sa responsabilité à l’égard de l’Europe et du monde mais aussi son actuelle fragilité,  "nous engagent à faire preuve d’ambition éthique, avec courage et enthousiasme".

Le Figaro 14/01/11

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