Bioéthique : inutile de « faire du changement pour du changement »

Publié le : 18 février 2011

Pierre Le Coz, vice-président du Comité national consultatif d’éthique (CCNE), considère que le projet de loi est plutôt équilibré et que ce "n’est pas la peine de faire du changement pour du changement". Les modifications préconisées pourraient "apporter plus de problèmes que de solutions" estime-t-il.

    Au sujet de la recherche sur les cellules souches embryonnaires, Pierre Le Coz estime que "la solution actuelle est la meilleure" : "si on passait à un système d’autorisation de la recherche assortie de limitations, cela ne changerait pas grand-chose quant au nombre d’autorisations délivrées. Pourquoi froisser inutilement les sensibilités ?"

    La conservation du sang de cordon et la vitrification des ovocytes font, selon lui, partie des priorités. Les cellules souches récupérées dans le sang de cordon "permettraient à terme de régénérer certains organes", offrant dans certains cas une alternative au don d’organes, pense P. Le Coz. Il s’élève contre la façon dont les banques privées de sang de cordon sont par principe décriées en France au nom du danger de dérives financières. "Soyons honnêtes : nous n’avons pas assez d’argent pour constituer suffisamment de banques publiques et créer des centres de recherche. Le risque est qu’on accumule du retard, et que les gens partent à l’étranger déposer leurs cordons dans des banques privées. Au lieu de diaboliser le privé, on devrait établir des partenariats, en fixant des conditions strictes". Pour ce qui est de la vitrification d’ovocytes, il estime qu’elle est moins problématique, d’un point de vue éthique, que la congélation d’embryons lors d’une AMP.

    Interrogé sur le récent débat sur l’euthanasie, il affirme que "l’euthanasie ne peut être formalisée dans une loi […] il faut aider les mourants à bien mourir mais sans leur injecter un poison mortel dans les veines".

    Enfin, Pierre Le Coz considère qu’en matière de bioéthique, la France est une "exception en ce sens qu’on a prouvé à plusieurs reprises qu’on arrivait à trouver des compromis […] On a réussi plusieurs fois à trouver le juste milieu entre deux extrêmes". Pour lui, le CCNE, avec ses "sensibilités diverses" a ses avantages et ses inconvénients. Le "télescopage de points de vue permet d’arriver à une solution sage et modérée" mais "l’inconvénient est que sur certains problèmes qui n’admettent pas de solutions intermédiaires, on se trouve dans l’impasse".

Témoignage chrétien.fr (propos recueillis par Agnès Noël) 17/02/11

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres