Bioéthique : gouvernement canadien dépassé par les Instituts de recherche

Publié le : 7 mars 2002

Nous écrivions hier que le Canada  » venait d’adopter une loi visant à interdire le clonage d’embryons humains  » ce qui n’est pas exact. 
Ce sont les Instituts canadiens de recherche sur la santé (IRSC) qui, dans l’attente d’un projet de législation, ont fixé de nouvelles règles. Les IRSC, au budget annuel de 560 millions de dollars, refusent la recherche sur le clonage humain et sur les embryons produits à des fins expérimentales mais financent les projets de recherche impliquant des cellules prélevées sur des embryons, à la condition que ces embryons aient été au départ conçus à des fins de reproduction, et non de recherche, que les parents donnent leur consentement et que le don ne soit soumis à aucune transaction commerciale. L’ IRSC finance aussi la recherche sur les fœtus avortés, dans la mesure où la mère donne son consentement et que sa décision d’interrompre sa grossesse a été prise avant d’avoir été sollicitée à ce sujet par un chercheur.
A sa suite, le Fonds de recherche en santé du Québec (FRSQ), le deuxième organisme subventionnaire en importance au Canada avec un budget de 80 millions, a annoncé qu’il était d’accord en tout point avec ces nouvelles règles et qu’il les adoptait.
Ces positions ont déclenché une bataille politique. L’opposition estime que le gouvernement s’est fait couper l’herbe sous le pied, subissant un  » affront au processus démocratique « .  » Par l’entremise de son annonce, lRSC contourne le processus parlementaire « , a blâmé l’Allianciste Rob Merrifield. » IRSC élabore des lignes directrices pour la recherche controversée sur les cellules souches embryonnaires avant même que le Parlement n’ait la chance de débattre de la question. Ce n’est ni plus ni moins qu’une loi déguisée « .

<p>Le Devoir (Hélène Buzzetti) 07/03/02 - Le Quotidien du Médecin 07/03/02</p>

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