Baisse de la fertilité en France : l’environnement mis en cause

Publié le : 22 février 2012

Dans son dernier numéro publié le 21 février 2012, le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l’Institut de veille sanitaire (InVS) aborde la question des "enjeux environnementaux pour la fertilité humaine" et fait un état des lieux des agents environnementaux qui influent sur la fertilité en France. Toutes les études présentées dans le BEH font un bilan préoccupant : on constate au cours des 25 dernières années, une baisse non négligeable de la fertilité humaine, tant masculine que féminine. Les chercheurs relèvent notamment une augmentation de l’altération des fonctions  reproductrices masculines, des malformations génitales masculines (cryptorchidies et hypospadias) mais aussi du nombre de cancers du testicule. Plusieurs études, réalisées au sein des Cecos (Centre d’études et de conservation des oeufs et du sperme) révèlent une diminution de la qualité du sperme au cours des dernières années, avec toutefois des différences régionales.
Cette évolution serait notamment due aux perturbateurs endocriniens qui affectent l’équilibre hormonal et auxquels les femmes sont exposées pendant leurs grossesses (bisphénol A, parabènes, pesticides, etc). Les études citées soupçonnent aussi d’autres facteurs environnementaux (métaux lourds comme le plomb, composés perfluorés, pollution atmosphérique, qualité de l’eau) et des facteurs comportementaux (âge plus avancé pour avoir un enfant, tabagisme, etc) d’affecter la fertilité. Selon certains chercheurs, l’exposition à ces facteurs à risque "reprotoxiques" imposent une recherche multidisciplinaire. Pour Rémy Slama (unité Inserm 823 à Grenoble), les données collectées pourraient, à terme, constituer "une fonction sentinelle témoin de l’impact sanitaire de modifications de notre environnement ou des comportements".

De plus, en se fondant sur 2 enquêtes menées en France, l’une en 2003 et l’autre en 2007-2008, les chercheurs montrent que près d’un quart des couples ne parvient pas à avoir d’enfants après un an d’essais sans contraception et que plus de 10% n’y parviennent pas après 2 ans. Les chercheurs y voient "un problème de santé non négligeable". Au final, ils notent que les couples français déclarent connaître davantage de problèmes de fertilité que par le passé. Pour les chercheurs, le niveau "relativement élevé de la fécondité de la France (…) par rapport à ses voisins européens, ne doit pas donner l’illusion d’une absence de troubles de la fertilité dans la population, dont le suivi, non planifié actuellement, serait pertinent pour la santé publique".

Pour le Pr Alfred Spira, épidémiologiste à l’université Paris-Sud et à l’Institut de recherche en santé publique (IRESP), il est nécessaire d’ "identifier les modifications de l’environnement délétères pour la santé et trouver les produits de substitution qui remplaceront les produits toxiques". Il estime qu’en se donnant des moyens plus importants pour réaliser d’autres études, on obtiendrait de précieuses informations. "Mais, ajoute-t-il, il existe des intérêts économiques et sociaux divergents du côté des industriels de la chimie dont le lobby très puissant n’est pas vraiment en faveur de ce type de recherche..."

Sante.lefigaro.fr (Aude Rambaud) 20/02/12 – Le Quotidien du medecin.fr (Stéphanie Hasendahl) 22/02/12 – Information Hospitaliere.com 21/02/12 – Destination Sante.com 21/02/12 – Allodocteurs.fr (Géraldine Zamansky) 21/02/12 – Rtl.be 21/02/12 – Newspress.fr 21/02/12 – Inserm.fr 21/02/12 – Journal de l’Environnement.net (Geneviève de Lacour) 20/02/12 – Santelog.com 21/02/12 – Notre-planete.info 21/02/12 - Le Monde 23/02/12

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