Autotransplantation de tissu ovarien pour induire la puberté

Publié le : 14 février 2012

Le Quotidien du médecin rapporte le succès d’une équipe française parvenue à induire la puberté chez une jeune fille de 13 ans grâce à une autogreffe de tissu ovarien; la jeune fille avait subi, 3 ans auparavant, un traitement visant à la guérir de la drépanocytose mais ayant des conséquences sur la fertilité. Ce sont des praticiens de la la Pitié Salpêtrière (unité de biologie de la reproduction), du Centre hospitalier intercommunal de Créteil et du CHU de Limoges qui sont à l’origine de cette première mondiale, décrite dans la revue The Lancet *.

En novembre 2003, l’équipe du Pr Catherine Poirot à la Pitié Salpêtrière recevait une fillette de 10 ans porteuse d’une drépanocytose homozygote (NDLR : maladie héréditaire touchant les globules rouges du sang). Pour traiter sa maladie, celle-ci devait subir un traitement myéloablatif avant de recevoir une greffe de cellules souches de moelle. Ce traitement a pour inconvénient d’entrainer une insuffisance ovarienne, risquant de compromettre la fertilité de la jeune fille. Les médecins de la Pitié Salpêtrière ont donc prélevé l’ovaire droit de la fillette. Ils ont ensuite congelé en plusieurs fragments, le cortex ovarien (tissu périphérique de l’ovaire, contenant les ovocytes).

Après 27 mois, la jeune fille, guérie de sa drépanocytose et âgée de 13 ans, est venue demander une autotransplantation de tissu ovarien afin d’induire sa puberté. Elle ne présentait alors aucun signe prépubère. L’autogreffe de 3 petits fragments d’ovaire a été effectuée sous anesthésie locale en janvier 2007 au Centre hospitalier intercommunal de Créteil  par les Drs Pascal Piver (CHU de Limoges) et Fadi Abirached (Centre hospitalier de Créteil). Les premiers signes de puberté sont apparus 2 mois plus tard chez la jeune fille qui avait ses premières règles 8 mois après la greffe. Un peu plus de 3 ans après la transplantation, la jeune femme avait grandi, ayant ses règles et des seins normalement développés.

Selon les auteurs, "cette observation montre pour la première fois que la puberté peut être induite par autogreffe de tissu ovarien cryopréservé avant traitement stérilisant, avec quelques fragments ovariens comportant une densité normale de follicules primordiaux. Ce cas montre la première restauration d’une fonction ovarienne endocrine à partir de tissu ovarien recueilli avant la puberté". Cette autogreffe, ajoutent-ils, permet aussi bien de restaurer la fertilité que d’induire la puberté "en évitant un traitement hormonal substitutif".

A ce jour, 13 enfants sont nés dans le monde après autogreffe de fragments ovariens (Cf. Synthèses de presse du 25/06/09 et du 24/02/10).

* The Lancet, "Induction of puberty by autograft of cryopreserved ovarian tissue", Catherine Poirot MD, Fadi Abirached MD, Marie Prades PharmD, Christiane Coussieu PharmD, Françoise Bernaudin MD, Pascal Piver MD, 11/02/12

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