Arrêt Perruche : légitimer l’avortement ?

Publié le : 14 janvier 2002

Dans un article de Libération du 8 janvier dernier, la juriste Marcela Iacub développait un argumentaire selon lequel l’arrêt Perruche avait le double mérite d’achever un dispositif «de réparation intégrale »du handicap pour la mère ou l ‘enfant, mais « aussi de donner une nouvelle légitimité à l’avortement » (cf. revue de presse du 08/01/02).

Nombres de médecins obstétriciens et d’échographes se sont indignés de tels propos. Ainsi le Dr Catherine Jeanmougin (Collège français d’échographie fœtale) et le Dr Philippe Kolf (Syndicat nationale de l’union des échographistes) s’indignent-ils dans le journal Libération de ce jour. Ils rappellent qu’interrompre une grossesse de six mois loin d’être un geste banal reste une épreuve traumatisante tant pour la mère que pour les médecins. Ces interruptions de grossesse sont « parfois indispensables pour sauver une mère et  doivent être proposés dans le cas ou l’enfant est porteur d’une malformation d’une particulière gravité, non curable au moment du diagnostic » mais en aucun cas elles ne doivent être banalisées, soulignent-ils.

 

Ces deux médecins dénoncent le rêve du « bébé Kleenex » et mettent en exergue d’autres alternatives citant notamment les parents qui accueillent avec amour leur enfant handicapé. Autre solution : l’accouchement sous X et l’adoption par d’autres couples d’enfants handicapés. 

 

Enfin, ils se défendent de vouloir remettre en cause les interruptions de grossesse comme semblaient le dénoncer Marcela Iacub.
Yves Vrille, professeur de gynécologie-obstétrique à Poissy, dénonce lui aussi les accusations de Marcela Iacub. Il estime « que seule la mise en  œuvre d’une véritable politique de prise en charge décente et équitable du handicap permettrait que le handicap lui même ne soit plus un préjudice matériel indemnisable ».

 

Rappelons que le Syngof (Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France), a appelé ses adhérents à « reprendre les échographies de diagnostic prénatal à compter de ce jour [11 janvier] et jusqu’au 22 février », date de la fin de la session parlementaire, sous réserve des modifications apportées par l’Assemblée Nationale au texte actuel.

<p>Libération 12/01/02 - Le Monde 14/01/02</p>

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