Anonymat du don de gamètes : pour ou contre ?

Publié le 19 Oct, 2010

La levée de l’anonymat du don de gamètes fait controverse : "entre protection de l’anonymat et quête des origines, le débat risque d’être houleux au Parlement", indique le Figaro.

Le projet de loi présenté aujourd’hui 20 octobre 2010 en Conseil des ministres prévoit en effet de lever partiellement l’anonymat des donneurs : "Le donneur est informé, avant le recueil du consentement, de la possibilité pour tout enfant conçu à partir des gamètes d’un tiers donneur de demander à sa majorité d’accéder à certaines données non identifiantes, relatives au donneur et, sous réserve du consentement exprès de celui-ci, à son identité".

Cette mesure est vivement contestée par certains qui affirment qu’elle aurait des répercussions importantes dans la relation parents/enfants et dans le fonctionnement du don de gamètes. Une étude réalisée en 2006 affirme qu’un quart des parents renoncerait à leur projet parental si la loi devait lever l’anonymat du don. Par ailleurs, Pauline Lenfant, présidente de l’association Pauline et Adrien, estime que "si l’anonymat est levé, les donneurs seront beaucoup moins nombreux" : 60% refuseraient de faire un don selon une autre étude de 2006.

Cette affirmation est contestée par Pauline Tiberghien, présidente de l’association Procréation Médicalement Anonyme, qui fait valoir qu’au Royaume-Uni, le nombre de donneur a augmenté depuis que l’anonymat a été levé en 2005.

Pour le député Jean Leonetti, interviewé par La Croix, lever l’anonymat aurait un triple inconvénient : "pousser les parents à ne pas révéler à l’enfant les conditions de sa conception" et faire chuter le nombre de dons. "Mais surtout, en levant l’anonymat, on fait primer le biologique sur l’affectif et l’éducatif. Or la personnalité d’un individu n’a rien à voir avec ses origines génétiques", affirme-t-il.

Un argument qui n’est pas partagé par un certain nombre de jeunes nés d’un don de sperme, dont Pauline, 30 ans, qui affirme qu’elle ne souhaite pas forcément rencontrer le donneur, mais tout simplement savoir à quoi il ressemble pour "arrêter la machine à question".
Quoi qu’il en soit, si la proposition de levée de l’anonymat devait être adoptée, elle n’aurait aucun effet rétroactif et ne s’appliquerait qu’un an après son vote afin de respecter les conditions des dons antérieurs.

Libération (Eric Favereau) 20/10/10 – Le Figaro (Aude Seres) 20/10/10 – La Croix (Marine Lamoureux) 20/10/10 

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