« 2013 : Une année noire pour la médecine prénatale »

Publié le : 13 décembre 2013

 

 Du 11 au 13 décembre se tiennent les 37e journées nationales du CNGOF -Collège national des gynécologues obstétriciens français. Parmi les thèmes abordés, celui du diagnostic prénatal de la trisomie 21. Dans une tribune libre dans le Quotidien du médecin, le Dr Patrick Leblanc, coordinateur du Comité pour sauver la médecine prénatale, dresse le bilan de l’année 2013: « Cette année a vu le développement du dispositif qui conduit à l’élimination de masse des enfants trisomiques avant leur naissance […et] l’instauration d’un fichage de données personnelles ».

Le Dr. Leblanc évoque la « capitulation des institutionnels de l’éthique«  au sujet du DPNI –diagnostic prénatal non invasif. Il fait référence, d’une part à l’avis du CNGOF, qui s’est prononcé en faveur du DPNI dans son communiqué du 29 janvier 2013, et d’autre part à l’avis 120 du CCNE –Comité consultatif national d’éthique- qui a pris le parti d’analyser l’aspect technique du test en omettant d’analyser sa dimension éthique. Sont mises en avant son efficacité et sa possibilité de réduire le nombre de fausses couches et non sa « mentalité eugéniste ».

 

A cela s’ajoute un intense lobbying en direction des médecins spécialistes de la grossesse, au moyen de nombreuses « sollicitations », en raison du marché « juteux » pour ce nouveau test, le DPNI. En effet « plus de 820 000 femmes enceintes par an, un système santé structuré autour de la notion d’égal accès et une mentalité eugéniste ancrée depuis 20 ans » sont des éléments prometteurs pour les industriels. D’ailleurs, au mois de novembre 2013 « un industriel français vient de lancer […] la commercialisation de ce test ».

 

Troisième élément dans le bilan 2013 : l’arrêté ministériel du 27 mai 2013 relatif à un fichage national au bénéfice de « l’administration comptable du diagnostic prénatal ». Il consiste à « recueillir l’ensemble des données du dispositif de détection prénatale de la trisomie 21 […renforçant] l’idée que la naissance des enfants atteints de cette pathologie est due à une erreur de la technique ou à la volonté des parents ». 

 

« La fuite en avant des dérives eugénistes » inquiète des professionnels de la grossesse qui « dénoncent le silence des autorités professionnelles et politiques sur la recherche », ou sur l’insertion des personnes trisomiques dans la société. En effet, des « nouveautés positives » sont advenues en 2013 : il s’agit de publications encourageantes sur des travaux consacrés au traitement de la trisomie 21. Cela fait espérer au Comité pour sauver la médecine prénatale « que l’année 2014 sera l’année de l’acceptation de la trisomie comme pathologie médicale et non comme malédiction sociétale ».

<p> Le Quotidien du médecin.fr (Dr. Patrick Leblanc) 12/12/2013 - Communiqué de presse du Comité pour sauver la médecine prénatale 12/12/2013</p>

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