VIH : un essai de thérapie cellulaire positif

Publié le : 6 juillet 2010

Des chercheurs américains de l’Université de Californie du Sud ont présenté, dans la revue Nature Biotechnology du 2 juillet 2010, les premiers résultats d’une nouvelle stratégie de recherche pour traiter le sida (VIH) : ils ont réussi à rendre le système immunitaire de souris résistant au VIH en leur greffant des cellules souches sanguines modifiées. Cette découverte intervient à quelques jours de la conférence de Vienne sur le sida prévue le 18 juillet 2010.

Le VIH attaque les cellules du système immunitaire humain en s’accrochant à certaines protéines. Paula Cannon et son équipe sont partis de l’observation des personnes naturellement résistantes à l’infection par les souches les plus courantes du VIH parce qu’elles sont porteuses d’une mutation du gène CCR5. Ils en ont déduit que l’élimination de ce gène CCR5, pourrait limiter les effets du virus chez les patients qui en sont porteurs, et à terme, protéger les personnes contre le virus.

Les chercheurs ont utilisé des enzymes comportant des "doigts de zinc" (zinc finger nucleases, ZFN), permettant de cibler de façon précise la partie de l’ADN à "découper". Cette technique novatrice leur a permis de rendre inactif le gène CCR5 dans des cellules souches hématopoïétiques humaines qui sont à l’origine des globules blancs, des plaquettes et des globules rouges.

Ces cellules souches hématopoïétiques humaines modifiées ont été transplantées chez des souris qui ont ensuite été infectées avec le VIH. Au terme de 12 semaines, "les systèmes immunitaires de ces souris avaient retrouvé leur force initiale, alors que chez les souris témoins qui avaient reçu des cellules souches non modifiées, les taux de cellules du système immunitaire avaient fortement chuté. De plus, chez les souris tests, la présence du VIH était très limité".

Les résultats sont d’autant plus intéressants qu’ils montrent que les cellules modifiées, une fois transplantées, même en petite quantité, se sont multipliées, "ce qui suggère qu’une transplantation autologue partielle, administrée après un traitement ablatif léger, pourrait éventuellement être efficace en clinique" précise Le Quotidien du médecin.

L’étape suivante consistera à tenter cette technique chez l’homme. Une autre étude est en cours, à l’Université de Pennsylvanie, mais avec une approche différente : elle consiste à modifier des cellules matures du système immunitaire et non des cellules souches.

Quotimed.com (Dr. Béatrice Vuaille) 05/07/10 - Les Echos.fr 02/07/10 - La Croix 05/07/10

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