Vers une nouvelle définition de la mort ?

Publié le 1 Nov, 2015

Le Dr Robin Crémer, réanimateur pédiatrique à l’hôpital Jeanne-de-Flandre de Lille est revenu sur l’évolution de la définition de la mort notamment dans le domaine du prélèvement d’organes.

 

Si jusque dans les années 1950, la « ‘mort réelle’ était un état permanent et irréversible, quelles que soient les tentatives médicales », l’apparition de la réanimation a considérablement changé les choses. La mort est devenue ensuite un état où « l’activité cardiaque se poursuivait mais dont le cerveau était ‘détruit’, faute du maintien de conditions d’homéostasie suffisante ». Cet état de mort cérébrale est apparu alors comme un état « source potentielle de greffons », utile pour le prélèvement d’organes. « La mort cérébrale [est désormais] le nouveau critère définissant la mort du sujet ».

 

Cette définition de l’état de mort est depuis peu sujet à discussion comme l’explique le Dr Hasselmann, ancien réanimateur au CHRU de Strasbourg et directeur de l’ERER Région-Alsace : « Dans l’optique d’une diversification et d’une optimisation des sources de greffons,  on voit apparaître, aux Etats-Unis – pas en France – des publications qui disent : tout compte fait, qu’il est utile que tout le cerveau soit mort pour décider d’un prélèvement. Si le cortex cérébral, qui fait la personne humaine, est détruit est-ce que ce n’est pas suffisant pour prélever ? » On assiste aussi à l’émergence d’une autre situation de prélèvement d’organes, un autre état de mort, celui de « Maastricht III » : « Les organes sont prélevés après un arrêt contrôlé des soins en service de réanimation ». Cette situation « est définie par une absence pulsatilité artérielle pendant au moins cinq minutes chez une personne ayant été l’objet d’un arrêt ». Cette dernière procédure n’a été autorisée à titre expérimental que dans quelques centres candidats en France (cf. Gènéthique du 3 décembre 2014,  28 mai 2015, 15  septembre 2015, et 1er octobre 2015).

 

Si le Dr Crémer lui se prononce favorablement à la définition d’un état de mort et de prélèvement d’organes de type « Maastricht III », il s’attend à des débats éthiques, nécessaires autour de cette question.

 

Note Gènéthique :

La procédure « Maastricht III » pose de nombreuses questions éthiques. Pour aller plus loin, lire De la mort au don d’organes ou encore Quelles perspectives pour le don d’organes ?

 

 

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