Vers de nouvelles recommandations pour les candidats à la greffe hépatique

Publié le : 20 juin 2017

Sous peu, de nouvelles recommandations françaises devraient « confirmer une modification des critères requis pour bénéficier d’une greffe de foie » : une abstinence de six mois ne sera plus systématiquement exigée avant la transplantation.

 

En 2015, près de 27 % des greffes hépatiques (363) ont été réalisées pour des patients souffrant de cirrhose alcoolique. Ce chiffre est bien plus important si l’on additionne tous les patients (avec cancer, hépatites…) où la maladie alcoolique est présente, estime le professeur Georges-Philippe Pageaux du CHU de Montpellier : « Dans notre pays, plus d’un patient sur deux ayant une transplantation de foie a été un consommateur excessif d’alcool, et c’est le cas de la majorité des malades sur la liste d’attente de greffe ».

 

Un consensus international en vigueur depuis 1997 établissait « qu’un buveur chez qui survenait une hépatite alcoolique aiguë devait afficher au moins six mois d’abstinence pour espérer être inscrit sur la liste d’attente de greffe ». Une mesure qui reflétait « la crainte d’une reprise de la consommation d’alcool après la greffe », mais qui de fait « condamnait » les patients, les trois quarts ne survivant pas plus de six mois. Ce consensus a donc été brisé en 2005. Pour le professeur Philippe Mathurin du CHU de Lille, « on n’a jamais remise en cause la présence d’obèses sur la liste de transplantation, et c’est heureux. Pourquoi le ferait-on pour une maladie comportementale comme l’alcoolisme » ? Dans le même temps, « les donneurs veulent que l’on fasse le meilleur usage possible de leur don, et donc que l’on s’assure qu’il n’y a pas de reprise d’alcool après la greffe. C’est aussi une exigence d’équité entre les malades ». L’équipe de Lille a mené une première étude « enfreignant le dogme des six mois d’abstinence » et « comparant les résultats de la transplantation précoce chez des patients faisant leur première hépatite alcoolique aiguë ». Au résultat, la survie à deux ans est considérablement augmentée, et 23 des 26 patients sont restés abstinents après la greffe. Une nouvelle étude est en cours, dont les résultats intermédiaires semblent similaires. Il est donc « probable que les nouvelles recommandations françaises entérinent le changement lancé à Lille ». Avec une obligation de « suivi addictologique pour évaluer le risque de rechute d’un buveur candidat à la transplantation ».

<p>Le Figaro santé, Damien Mascret (19/06/2017)</p>

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