Vasectomie : la nouvelle mode ?

Publié le 19 Oct, 2021

« En 2014, je faisais une à deux [vasectomies] par mois, explique Vincent Hupertan, urologue spécialiste de cette intervention. En 2021, je suis autour de 25 par mois. » Une « tendance » générale car 10 000 vasectomies ont été pratiquées en France en 2018, quand on recensait 4 800 interventions l’année précédente et 1 000 dans les années 2000. Au Québec, c’est un homme sur trois qui y a eu recours. « La contraception masculine la plus courante » (cf. La stérilisation, premier contraceptif au monde).

Une méthode définitive ?

La vasectomie est autorisée en France depuis 2001. La première loi de bioéthique votée en 1994 avait choisi d’interdire la pratique.

Le principe l’intervention est d’« interrompre les canaux déférents ». Suite à l’opération, « 1 % des hommes peuvent présenter des douleurs chroniques ». Un phénomène connu sous le nom de « syndrome post-vasectomie », qui « arrive au bout de trois mois et va disparaître avec le temps », explique le Dr Hupertan.

En France, le candidat à la vasectomie doit se rendre à deux consultations espacées de quatre mois, « pour un délai de réflexion » (cf. Extension des délais d’IVG : pas de répit). « On insiste sur la difficulté de revenir en arrière et la possibilité de conserver ses gamètes dans un Cecos », souligne l’urologue (cf. Conservation de gamètes par les établissements privés : les industriels de la procréation gagnent un round contre l’avis du gouvernement).

Pour redevenir fertile, un homme qui a eu recours à la vasectomie doit subir une intervention appelée « vasovasostomie ». Avec un « taux de réussite de 90% ». Aux Etats-Unis, 6% des hommes regrettent leur décision, explique le médecin, précisant faire une opération de restauration de la fertilité « tous les trois à six mois ».

Même chez les jeunes

« J’ai un patient pour une vasectomie parce que son meilleur ami l’a fait avant », raconte le Dr Hupertan. Selon une enquête réalisée par le quotidien 20 minutes[1], 22 % des hommes de 18 à 30 ans seraient prêts à subir une vasectomie. Ce que confirme le médecin qui remarque une augmentation de la demande de jeunes de moins de 25 ans : « Quand le patient a 18 ans, je réponds : “je ne pense pas que ça soit l’âge pour prendre une décision aussi radicale, explique-t-il. Mais à 24 ans, on discute ».

En France, la Sécurité sociale prend en charge l’intervention pour un montant d’environ 60 euros, ce qui ne « couvre pas les frais réels ». Et « dans le privé, les médecins font des dépassements d’honoraires que tout le monde ne peut pas s’offrir », même si « certaines mutuelles remboursent tout ou une partie ».

 

[1] Etude #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay, réalisée en ligne du 12 et 13 octobre auprès d’un échantillon représentatif de 561 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).

Source : 20 minutes, Oihana Gabriel (18/10/2021) – Photo : iStock

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