Va t-on pouvoir choisir le sexe de son enfant?

Publié le : 24 décembre 2001

Dans une clinique de Birmingham, des médecins permettent à des couples « d’augmenter leurs chances d’avoir un enfant du sexe désiré« . Pour cela ils utilisent une méthode américaine, la méthode « Ericsson » dont ils sont dépositaires exclusifs en Grande Bretagne.

Celle-ci consiste en une sélection du sexe par tri des spermatozoïdes, ceux porteurs du chromosome X se déplaçant plus rapidement que les Y. L’inventeur de la technique revendique un taux de réussite de 80% pour les garçons et 70% pour les filles, chiffres qui n’ont pas pu être scientifiquement démontrés. Cette méthode serait utilisé dans une quarantaine de cliniques dans le monde (États-Unis, Pakistan, Liban, Jordanie, Inde, Israël, Chine…). Quant aux motivations des couples, elles sont diverses en fonction de l’origine des couples. 
La Grande-bretagne est le seul pays d’Europe à utiliser la technique Ericsson. En France, elle est interdite par la loi de bioéthique de 1994.
Quant aux États-Unis, ils viennent de mettre au point une nouvelle méthode qui serait plus dangereuse que la méthode « Ericsson ». La technique Microsort consiste toujours à sélectionner les spermatozoïdes mais cette fois-ci en fonction de la quantité d’ADN, les spermatozoïdes X contenant plus d’ADN que les spermatozoïdes Y. Le comité d’éthique de l’American Sociéty for Reproductive Medicine a déclaré qu’il était acceptable pour des couples qui avaient recours à la fécondation in vitro de choisir le sexe de l’embryon à réimplanter pour « équilibrer la famille« . 
La principale revendication des couples ayant recours à ce type d’insémination est « l’équilibrage des sexes« . Nombre de spécialistes de la reproduction défendent « les indications sociales » du choix du sexe, notamment pour empêcher l’infanticide.
Pour Richard Nicholson, rédacteur en chef du Bulletin of Medicals Ethics Britannique « le tri des spermatozoïdes est un de ces petits pas qui nous rapprochent de l’idée que les gens devraient choisir la sorte d’enfants qu’ils veulent. Et…dès qu’on dit quelle sorte d’enfant on veut, on dit aussi quelle sorte d’enfants on ne veut pas. »

<p>Libération 22/12/01</p>

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