USA : Débat sur le « droit d’essayer » les médicaments expérimentaux sur les patients en fin de vie

Publié le : 14 mars 2018

Quand aucun médicament connu n’est parvenu à le soigner, le patient en fin de vie peut souhaiter essayer des nouveaux médicaments qui ne sont pas encore mis sur le marché. Et pour ceux qui n’ont pas été sélectionnés pour participer à des essais cliniques, le gouvernement américain souhaite faire passer une loi facilitant l’obtention d’une dérogation pour utiliser un médicament expérimental. Le texte, voté mardi à la Chambre des Représentants de Washington, n’a pas eu le nombre de voix requis, mais le chef de la majorité a promis de recommencer et de réussir.

 

Les opposants à cette loi sont nombreux, ils déplorent « une loi démagogique créatrice de ‘faux espoirs’ pour les patients, et qui ne changera rien en réalité ». Actuellement, il est possible d’obtenir un médicament expérimental directement auprès des laboratoires, sous réserve que celui-ci ait déjà passé les tests cliniques, que la laboratoire accepte, et que la FDA[1] approuve la demande. En général, celle-ci est approuvée à plus de 99 %  et en quelques jours. Environ mille patients profitent chaque année de ce système. Le professeur Arthur Caplan, directeur de l’éthique médicale à l’école de médecine de l’université de New York tempère cependant : « Cela en aide quelques-uns, mais c’est rare. La plupart des médicaments en phase de recherche échouent ». Aussi la nouvelle loi n’apporterait rien de plus, et les autorisations dépendraient toujours du bon vouloir des laboratoires. La seule différence serait la fin de la validation par la FDA, remplacée par une simple information. «Ils parlent du droit à essayer, mais on a déjà un droit à essayer (…) Les gens réclament déjà tout le temps aux laboratoires», note Arthur Caplan, rappelant aussi qu »un traitement expérimental peut, «vous faire mourir plus vite».

 

Pour les petits laboratoires manquant de moyens pour gérer des demandes individuelles de médicaments en plus de leurs essais cliniques et les grands laboratoires qui craignent une mauvaise publicité en cas de décès du patient, la nouvelle loi « veut les inciter à participer » : elle renforcerait leur immunité juridique et contournerait la FDA qui ne pourrait pas bloquer la mise sur le marché d’un médicament en raison du décès d’un patient hors essais cliniques, explique Starlee Coleman, de l’Institut Goldwater, à l’origine de ces lois.

 

Un système équivalent d’autorisations exceptionnelles existe aussi en France, 20 000 Français en profitent chaque année, un modèle dont les Américains aimeraient se rapprocher.

 

[1] Food and Drug Administration, autorités sanitaires américaines.

<p>7sur7.be (14/03/2018)</p>

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