Une réaction affective positive après un contact visuel, même avec un robot

Publié le : 12 janvier 2021

D’après une étude réalisée par des chercheurs finlandais et publiée dans la revue Biological Psychology[1], « nous réagissons, de certaines façons, aux robots humanoïdes comme s’ils étaient des humains ».

Les chercheurs de l’université de Tampere ont étudié le contact visuel entre l’homme et le robot pour deux raisons essentiellement. De précédents travaux avaient mis en évidence que « certaines réactions physiologiques liées à l’émotion et à l’attention sont plus fortes lorsque les gens voient le regard d’une autre personne dirigé vers eux que lorsqu’ils voient leur regard détourné ». Mais aussi parce que « diriger le regard vers une autre personne ou le détourner est un type de comportement lié à l’interaction normale dont les robots sociaux actuels sont tout à fait capables ».

Pour cette étude, les participants faisaient face à une personne ou à un robot humanoïde. « La personne et le robot regardaient soit directement le participant et établissaient un contact visuel, soit détournaient leur regard. » La réaction des participants a été mesurée via « la conductance de la peau des participants » qui renseigne que l’activité du système nerveux autonome, « l’activité électrique des muscles des joues », pour évaluer les « réactions affectives positives », et « la décélération du rythme cardiaque » qui caractérise « l’orientation de l’attention ».

« Toutes ces réactions physiologiques étaient plus fortes dans le cas d’un contact visuel que dans celui d’un regard détourné », que le contact soit avec une autre personne ou avec un robot. Pour Jari K. Hietanen, le professeur de psychologie qui a coordonné cette étude, ces résultats sont « assez étonnants ». En effet, « nos travaux précédents ont montré que le contact visuel ne suscite les réactions que nous avons observées dans cette étude que lorsque les participants savent qu’une autre personne les voit réellement, explique-t-il. Par exemple, dans une vidéoconférence, le contact visuel avec la personne à l’écran ne provoque pas ces réactions si le participant sait que sa propre caméra est éteinte et que l’autre est incapable de le voir ». Ainsi, « le fait que le contact visuel avec un robot provoque de telles réactions indique que, même si nous savons qu’il s’agit d’une machine sans vie, nous la traitons instinctivement comme si elle pouvait nous voir. Comme si elle avait un esprit qui nous regardait. »

[1] Making eye contact with a robot: Psychophysiological responses to eye contact with a human and with a humanoid robot, Kiilavuori et al., Biological Psychology 158, Jan. 2021, 107989, https://doi.org/10.1016/j.biopsycho.2020.107989

Source : Psychomédia (08/01/2021) – Photo : iStock

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