Une nouvelle piste d’explication de l’infertilité masculine ?

Publié le : 12 janvier 2021

Une collaboration internationale a permis de mettre en évidence « un nouveau mécanisme sous-jacent à l’infertilité masculine ». Les chercheurs, issus de l’Institut Curie, du CNRS, de l’Institut Max Planck de biologie cellulaire et de génétique moléculaire, du Centre d’études et de recherches avancées européennes et de l’Institut Cochin (AP-HP, CNRS, Inserm, Université de Paris), ont montré qu’« une modification enzymatique particulière d’une protéine (la tubuline), appelée glycylation, est essentielle pour maintenir la nage des spermatozoïdes en ligne droite ». Sans cette modification d’un « élément clé » des flagelles des spermatozoïdes, l’action du flagelle est altérée, et « nous avons soudainement vu des spermatozoïdes nager en rond », explique le Dr Sudarshan Gadadhar de l’Institut Curie. Leurs travaux ont été publiés dans la revue Science[1].

L’étude a été menée sur une lignée de souris génétiquement modifiée, mais elle pourrait avoir des conséquences pour l’homme, chez qui « 80 % des cas d’infertilité ont été attribués à une faible motilité des spermatozoïdes ». « Etant donné que les spermatozoïdes humains sont plus susceptibles que les spermatozoïdes de souris de présenter des déficiences de motilité, nos conclusions impliquent qu’une perturbation de la glycylation de la tubuline pourrait être à l’origine de certaines formes d’infertilité masculine chez l’homme », indiquent les chercheurs.

Mais d’autres perspectives existent par ailleurs. « Nos découvertes apportent la preuve directe que les microtubules jouent un rôle actif dans la régulation des processus biologiques fondamentaux par le biais d’un code de modification des tubulines », ont déclaré le Dr Gaia Pigino, de l’Institut Max Planck de biologie cellulaire et de génétique moléculaire et le Dr Luis Alvarez, du Centre d’études et de recherches avancées européennes. Ainsi, cette recherche « ouvre la voie à une compréhension plus approfondie de multiples maladies, telles que les troubles du développement, le cancer, les maladies rénales ou les troubles respiratoires et visuels ».

[1] “Tubulin glycylation controls axonemal dynein activity, flagellar beat, and male fertility”, Sudarshan Gadadhar, Gonzalo Alvarez Viar, Jan Niklas Hansen, An Gong, Aleksandr Kostarev, Côme Ialy-Radio, Sophie Leboucher, Marjorie Whitfield, Ahmed Ziyyat, Aminata Touré, Luis Alvarez, Gaia Pigino, Carsten Janke, Science, 8 Janvier 2021 – DOI: 10.1126/science.abd4914

Sources : BioNews, Daniel Jacobson (11/01/2021) ; CNRS (08/01/2021) – Photo : iStock

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