Une interface cerveau-ordinateur pour diagnostiquer les niveaux de conscience

Publié le 31 Jan, 2017

Des chercheurs européens ont cherché à savoir si des patients ayant perdu tous moyens de communiquer étaient toujours pleinement conscients et s’ils voulaient toujours vivre[1].

 

Ils ont trouvé la réponse en utilisant une interface entre le cerveau et l’ordinateur pour communiquer avec 4 personnes complètement enfermées, ayant perdu la possibilité de tous mouvements volontaires, souffrant de sclérose latérale amyotrophique.

 

En réponse à la question « J’aime vivre », trois d’entre elles ont répondu « oui ». De même, elles répondent oui à la question « Êtes-vous heureux ? ». Le quatrième patient, une jeune femme de 23 ans, n’a pas répondu ouvertement à la question, ses parents craignant qu’elle ne soit dans un état émotionnel trop fragile.

 

Conçu par le neuroscientifique Niels Birbaumer du Wyss Center for Bio and Neuroengineering de Genève, l’interface cerveau-ordinateur est posée sur la tête de la personne et mesure l’oxygénation sanguine et l’activité électrique au niveau cérébral. « La technique d’interface cerveau‑ordinateur de cette étude a fait appel à la spectroscopie dans le proche infrarouge combinée à un électroencéphalogramme ». Pour vérifier l’efficacité de la technique, l’équipe de Niels Birbaumer leur a demandé de répondre à des questions simples pendant 10 jours. Les réponses ont montré qu’elles étaient fiable à 70%, un résultat substantiellement supérieur à de la chance. Pour Niels Birbaumer, « ces résultats impressionnants démentent ma propre théorie selon laquelle les personnes atteintes d’un locked-in syndrome complet sont incapables de communiquer. Nous avons découvert que l’ensemble les quatre sujets testés était en mesure de répondre aux questions personnelles que nous leur avons posées en utilisant uniquement leurs pensées. Si nous parvenions à reproduire cette étude auprès d’un plus grand nombre de patients, je pense que nous pourrions rétablir une communication utile dans les états de locked-in syndrome complet pour les personnes atteintes de maladies des motoneurones. ».

 

En 2010, le neuroscientifique Adrian Owen a été le premier à mettre en évidence que les changements de flux sanguins dans certaines parties du cerveau montraient que le patient, initialement inscrit comme étant dans un état végétatif, était conscient.

 

Certains patients pourraient avoir été mal diagnostiqués, « classés » trop vite comme étant dans un état végétatif à cause du manque de mouvement de leurs yeux. Niels Birbaumer et son équipe disent que le système pourrait être utilisé pour le diagnostic et qu’il aiderait à déterminer qui est réellement conscient et qui est éveillé. Le chercheur espère aussi développer une technologie pour permettre aux malades souffrant d’un Locked-in syndrome (“complexe d’enfermement”) de sélectionner des lettres pour communiquer au-delà de réponses par ou et par non.

 

MIT Technology Review (31/01/2017) – Jean-Yves Nau (01/02/2017)

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