Un nouvel ADN ?

Publié le : 3 mars 2002

La revue Nature Biotechnology de février 2002 rapporte qu’une équipe japonaise vient de créer un « complément » au code génétique universellement utilisé dans le noyau des organismes vivants. Qu’en est-il ?

 

Les cellules humaines ont un génome constitué d’ADN. Ce génome permet la synthèse de protéines qui sont indispensables au fonctionnement et à l’architecture de la cellule. L’ADN est lui-même constitué d’une succession de bases au nombre de quatre, A, T, G et C (pour adénine, thymine, guanine et cytosine). Ces bases sont rangées dans un ordre très précis définissant le code génétique. Pour construire une protéine, un morceau d’ADN, appelé gène, fabrique dans un premier temps une molécule d’un corps intermédiaire, l’ARN (acide ribonucléique). Cet ARN transmet le message du noyau vers le cytoplasme de la cellule où la synthèse protéique sera réalisée ; cet ARN est appelé ARN messager ou ARNm. Il est ensuite lu au niveau du cytoplasme pour déterminer chaque acide aminé constitutif des protéines en fonction du code lu sur l’ARNm. Chaque acide aminé est codé par un groupe de 3 bases de l’ADN appelé « codon » ; par exemple l’acide aminé appelé sérine est codé par le groupe de 3 bases AGC.

 

Les chercheurs ont créé deux nouvelles bases, baptisées S et Y et ont réussi à les intégrer dans un morceau d’ADN. Le gène ainsi modifié code bien pour un ARNm nouveau, absent dans la nature. Cet ARNm nouveau permet d’intégrer dans les protéines un acide aminé nouveau, absent dans la nature. Toutes ces étapes ont été réalisées in vitro. Le but est d’arriver à incorporer ces nouvelles bases dans un génome naturel pour obtenir des protéines nouvelles.

 

Cette technique a été présentée avec un battage médiatique important, un des inventeurs allant jusqu’à affirmer : « Nous comptons relancer les processus de l’évolution dans des directions qui n’ont pas été spontanément explorées par la nature ». En fait, le risque de création de nouvelles cellules est extrêmement faible : si le code génétique est resté immuable depuis plus d’un milliard d’années malgré de nombreuses mutations, c’est qu’il existe à son niveau des systèmes de régulation et de contrôle terriblement performants.

 

En revanche, il serait imaginable de pouvoir obtenir la synthèse de nouvelles protéines in vitro qui pourraient être utilisées par exemple pour le traitement de maladies encore incurables.

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