Un « congé maternité », même quand l’enfant n’est pas là

Publié le 24 Mai, 2021

La banque britannique en ligne Monzo a annoncé mettre en place un congé payé pour ses employés confrontés à une « perte de grossesse ».

Au Royaume-Uni, la banque en ligne Monzo vient d’annoncer la mise en place d’un congé payé supplémentaire pouvant aller jusqu’à deux semaines en cas de « perte de grossesse », que ce soit suite à une mortinaissance, une fausse couche …ou un avortement[1]. Avec cette mesure elle rejoint la chaîne de télévision britannique Channel 4 qui a mis en place une politique similaire au mois d’avril dernier.

La reconnaissance d’une souffrance

« Chez Channel 4, nous reconnaissons que la perte d’une grossesse, quelles que soient les circonstances, représente une forme de deuil qui peut avoir un impact émotionnel et physique durable sur la vie de nombreuses femmes et de leurs partenaires », a déclaré le directeur général de la chaîne, Alex Mahon.

Un argument partagé par la banque en ligne. « Monzo prend la santé mentale de son personnel très au sérieux », a déclaré la banque pour expliquer la mise en place de cette nouvelle mesure. En vertu du droit du travail britannique, les employées peuvent demander un congé maternité si elles perdent leur bébé après 24 semaines de grossesse, mais pas avant. Cependant l’employeur est libre de proposer un congé pour d’autres motifs. Au Royaume-Uni, 24 semaines est la limite légale pour subir une interruption volontaire de grossesse.

Une politique d’entreprise à contre-courant ?

Avec cette politique « pionnière », le directeur de Channel 4 espère encourager d’autres organisations à suivre ce chemin. Une politique à contre-courant des revendications du « droit à disposer de son corps » qui obligent à passer sous silence les conséquences psychologiques d’un avortement[2]. Comment exercer une liberté, un droit, pourrait être source de souffrance ?

Pourtant, avec cette disposition, Monzo ou Channel 4 reconnaissent que la perte d’une grossesse est toujours une épreuve. Quelles que soient les circonstances. Et pas seulement pour la femme qui porte l’enfant. D’ailleurs, les conjoints pourront également prendre ce congé, les mères porteuses aussi.

 

[1] BBC, Digital bank Monzo offers paid leave after pregnancy loss (10/05/2021)

[2] Institut européen de bioéthique, Les conséquences psychologiques de l’avortement ; Gènéthique, Avortement : elles racontent l’envers du décor

Cet article de la rédaction Gènéthique a été initialement publié sur Aleteia sous le titre : Un « congé maternité », même quand l’enfant n’est pas là

Partager cet article

Synthèses de presse

Etats-Unis : la Cour suprême met fin au "droit à l'avortement"
/ IVG-IMG

Etats-Unis : la Cour suprême met fin au “droit à l’avortement”

La Cour suprême a annulé l’arrêt Roe vs. Wade. Avec cette décision prise ce vendredi, elle rend chaque Etat libre ...
Sport : vers le dopage génétique ?
/ Génome, Transhumanisme

Sport : vers le dopage génétique ?

Le dopage génétique, difficile à détecter, s'est complexifié avec CRISPR ces dernières années ...
Avortement en Allemagne : le code pénal abrogé
/ IVG-IMG

Avortement en Allemagne : le code pénal abrogé

Le nouveau gouvernement en avait fait une priorité : l’interdiction de publicité sur l’avortement est supprimée ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres