« Un bébé sur mesure », le reportage d’Arte

Publié le : 22 avril 2016

Dans un reportage diffusé sur Arte le samedi 4 avril, Raphaël Hitier se penche sur la question du « bébé à la carte » qui n’est déjà plus un mythe dans des pays comme l’Angleterre ou les Etats-Unis.

 

Le 3 février 2015, le Parlement britannique votait l’autorisation du « bébé à 3 ADN » (cf. Londres vote la FIV à 3 parents, Jacques Testart : la FIV à « trois parents » ouvre la vie au clonage humain, Levée de voile sur la FIV à trois parents), une technique de procréation médicalement assistée complexe, inspirée du clonage, qui permet d’implanter des embryons dépourvus de maladies présentes dans les mitochondries des ovules de certaines femmes et de « servir les générations futures ».

Cette pratique reste encore illégale dans de nombreux pays.

La modification génétique définitive entraînée, transmise aux générations futures, sans que l’on en connaisse les éventuelles conséquences, pose question. Si jamais ces enfants s’avéraient souvent porteurs d’anomalie, que faudra-t-il faire ? Les stériliser ? interroge Jacques Testart. Pour lui, il n’est pas possible d’apporter à chaque fois une solution technique à un problème sociétal.

 

C’est pourtant ce qui se passe dans l’industrie des bébés sur mesure, ce « toboggan de l’eugénisme » : la recherche est utilisée pour répondre à la demande sociétale qui doit produire un enfant toujours plus réussi et conforme à l’attente sociale des parents. « Pourquoi mélanger ses chromosomes avec n’importe qui » ? C’est en précurseur que dans les années 70, le millionnaire Robert Graham, pour qui « la clé pour améliorer l’humanité, c’est d’augmenter la proportion de gènes avantageux dans l’ensemble des gènes humains », avait fondé la « banque de sperme des génies ». Dans la liste des donneurs, pas de quotient intellectuel inférieur à 130, ni d’autres « manques », seulement des intellectuels, des athlètes accomplis.

 

Le fondateur de Cryos, la plus grande banque de sperme, au Danemark va plus loin : « Le client vient chercher l’image du bébé idéal », « il faut leur donner le meilleur », et pour cela, « seuls 10% des donneurs ont un sperme de qualité ». Ce ne sont plus seulement les maladies génétiques qui sont évitées. On peut à présent dans certains pays « composer » son enfant, depuis son sexe pour « rééquilibrer » la famille, le nombre règlementaire de chromosomes, jusqu’à la couleur des yeux, bientôt la texture des cheveux, la couleur de la peau.

 

Pour quel message ? Les personnes malades sont « invitées » à ne pas transmettre leurs gènes aux générations futures. En Angleterre, une liste plus ou moins officielle des gènes est établie, qui s’allonge chaque année. Mais dans l’indexe des indésirables qui « pollueraient les générations futures » tendent à s’ajouter aussi ceux qui ne sont pas des beautiful people dignes de transmettre leurs gènes. L’injonction n’est pas frontale, mais c’est l’environnement économique, culturel, créé, qui va orienter vers le seul choix possible : « garder le profil génétique optimum ».

<p>IA Transhumanisme (21/04/2016)</p>

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