Transfert du centre de soins palliatifs de Montsouris

Publié le : 8 novembre 2001

Créée en 1987, l’unité de soins palliatifs de l’Institut Montsouris a été le premier ouvert. Site pionnier, il était devenu un lieu « emblématique ». Mais dans le cadre d’une restructuration hospitalière menée dans le sud de la capitale, les autorités de tutelle ont décidé que le service de chirurgie vasculaire de l’hôpital Saint – Michel viendrait s’installer à la place des soins palliatifs, transféré alors à l’hôpital des Diaconesses. Cette annonce est vécue avec émoi par l’équipe soignante qui regrette de n’avoir pas été mise au courant de ce transfert. Le docteur Gilbert Desfosses, chef du service, s’inquiète de la place que les autorités accordent aux soins palliatifs dans le système de soins. Il explique que ces unités ne peuvent se développer que dans des hôpitaux de court séjour, très performants et bien équipés ce qui n’est pas le cas de l’hôpital des Diaconesses.

Une enquête de la Sfap (Société Française d’Accompagnement et de soins Palliatifs) révèle que malgré un effort du gouvernement pour développer les unités de soins palliatifs, seuls 30 % des besoins sont aujourd’hui couverts et répartis de manière très inégale sur le territoire français. Ainsi 19 départements en sont totalement dépourvus. Il est donc essentiel pour la Sfap que le gouvernement reconduise le plan triennal pour le développement des soins palliatifs, qui s’achève cette année.

L’enseignement des soins palliatifs en faculté de médecine est obligatoire depuis 1997 mais les heures consacrées sont très inégales. Danièle Lecomte, responsable de l’unité mobile d’accompagnement et de soins palliatifs de l’hôpital Georges Pompidou, s’inquiète de cette « génération d’étudiants formés à l’aune d’une médecine technique triomphante » à qui il faut rappeler que la mort est inéluctable et que le travail des équipes soignantes en soins palliatifs est « de réinjecter de la vie dans le temps qui reste ». Ce pour quoi Simone Bourgeois, aide soignante depuis trente ans à Montsouris, s’est toujours donnée : « pour beaucoup de gens, un service de soins palliatifs c’est d’abord un mouroir. Alors qu’en fait, c’est tout le contraire. Un mouroir, cela veut dire qu’on abandonne les malades. Ici, on les soigne et on les accompagne jusqu’au bout ».

<p>La Croix 08/11/01</p>

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