Traçage en Chine : de la lutte contre la pandémie à la surveillance sanitaire quotidienne ?

Publié le : 27 mai 2020

Pour endiguer l’épidémie, la Chine a mis en place un système de traçage utilisant des codes QR de suivi sanitaire. « Ces applications, qui diffèrent selon les régions et sont souvent hébergées sur les plateformes de paiement mobile AliPay et WeChat Pay, collectent généralement des données sur la localisation des utilisateurs, les itinéraires de transport et les informations d’identification », pour donner aux gens un score « rouge, jaune ou vert » indiquant la probabilité d’avoir le virus. Un système qui permet « de retracer le parcours des malades, mais également des gens qu’ils ont pu croiser au cours de la journée ». Ce « code de santé » « détermine si les personnes peuvent quitter leur domicile, utiliser les transports publics ou encore entrer dans les lieux publics ». Depuis le mois de février, seuls les Chinois ayant un score « vert » peuvent « se promener librement ». Et « il leur est demandé de présenter leurs codes QR de santé pour pouvoir entrer dans les restaurants, les parcs et autres lieux ».

 

« Considéré comme un outil nécessaire pour relancer l’économie », ce système n’avait rencontré « que peu de résistance de la part du public » jusqu’à maintenant. Mais « Sun Yongrong, le directeur de la commission de santé de Hangzhou, une ville de 10 millions d’habitants dans l’est du pays, a annoncé que le système de traçage mis en place durant la pandémie de Covid-19 serait bientôt ″normalisé″ ». Ainsi, la ville attribuera « de façon permanente à chacun de ses résidents un badge de santé de couleur et (…) une note de 0 à 100 en fonction de leur dossier médical et de leurs habitudes de vie ». « Faire de l’exercice physique rapporterait ainsi 5 points, boire 20 cl d’alcool ferait perdre 1,5 point. Fumer 5 cigarettes entraînerait une perte de 3 points. Et dormir au moins 7 heures 30 par nuit permet de gagner un point supplémentaire. » Ce « passeport santé numérique » actualisé « en temps réel » est aussi envisagé pour les entreprises qui « se verraient attribuer un classement basé sur un ″score de santé de groupe″ », établi à partir de données telles que « le taux de sommeil moyen des employés, les mesures prises ou le nombre d’entre eux souffrant de maladies chroniques ». L’application, « actuellement en cours de développement », pourrait être prête « dès le mois de juin », mais « les détails, tels que le mode de collecte des données, restent flous ».

 

Une pratique contre laquelle se sont élevées de nombreuses personnes via Weibo, « un site semblable à Twitter », alors que « la Chine s’apprête à consacrer pour la première fois les droits des individus à la vie privée et aux données personnelles dans le cadre du premier code civil du pays » et que « la police de la province du Shanxi a annoncé que les informations personnelles de plus de 6 000 personnes qui sont entrées dans un hôpital local avaient été divulguées sur WeChat ». « Des points seront déduits pour le tabagisme, la consommation d’alcool et le manque de sommeil, cela signifie-t-il que nos vies seront complètement surveillées ? », s’alarme un utilisateur de Weibo. D’autres redoutent que ce passeport sanitaire puisse « conduire à des discriminations à l’embauche ». « Ou bien encore entraîner une hausse du coût des assurances pour les personnes en bas du classement. »

 

Sans aller « aussi loin que Hangzhou », « la ville de Guangzhou, dans le sud du pays, a élargi sa plateforme de codes de santé pour inclure des services qui aident les habitants à réserver des consultations en ligne avec les hôpitaux locaux et à acheter des masques faciaux ». Et « la province de Fujian a déclaré vouloir étendre ses codes QR pour y inclure les traitements médicaux et l’achat de médicaments ». Pour l’agence de presse d’Etat Xinhua, « à l’avenir, le « code de la santé » aura un large éventail de scénarios d’application ».

Recoverable fatal error : Argument 1 passed to xmlsitemap_node_create_link() must be an instance of stdClass, boolean given, called in /home/webs/genethique.org/html/sites/all/modules/contrib/xmlsitemap/xmlsitemap_node/xmlsitemap_node.module on line 28 and defined dans xmlsitemap_node_create_link() (ligne 194 dans /home/webs/genethique.org/html/sites/all/modules/contrib/xmlsitemap/xmlsitemap_node/xmlsitemap_node.module).

<p>Reuters, Josh Horwitz et Brenda Goh (26/05/2020) – Ouest France, Sacha Martinez (26/05/2020) – Tech Xplore, AFP (26/05/2020)</p>

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres