« TousAntiCovid » remplace StopCovid

Publié le : 22 octobre 2020

L’application TousAntiCovid est lancée aujourd’hui. « Un geste citoyen sans obligation » précise le ministère. « Nouveau logo, nouvelles fonctionnalités mais même ambition », elle vient remplacer StopCovid (cf. StopCovid : une application controversée et inutile ? ; StopCovid : plus de données collectées qu’annoncé). Pas de changement technologique sur le fond en revanche, ni interopérabilité européenne (cf. Traçage sanitaire : le secret médical menacé ?). La nouvelle application met plutôt l’accent sur le volet informations. Ainsi par exemple, « en indiquant son lieu de résidence ou sa destination pour les vacances par exemple, l’utilisateur accédera aussi à un « centre de ressources » avec des indicateurs officiels de l’épidémie mis à jour tous les jours ».

Une efficacité qui reste à prouver

La plupart des pays ont choisi la technologie Bluetooth plutôt que d’avoir recours à un système GPS, afin de « protéger la vie privée ». Mais cette technologie n’est pas la panacée. Ainsi, elle pourra identifier un contact, « même si cette personne se trouve de l’autre côté d’une cloison ». Et « si vous gardez votre téléphone dans votre poche arrière, il peut ne pas se connecter à un autre téléphone tenu par quelqu’un qui se trouve devant vous ».

Une étude visant à comparer les applications allemande, suisse et italienne, affirme « qu’une « sélection aléatoire » des personnes à avertir, indépendamment de leur proximité » ferait aussi bien. Devant ce manque de preuves d’efficacité, le Conseil de l’Europe se demande si « les promesses faites à propos de ces applications « valent les risques sociétaux et juridiques prévisibles » ».

Des questions éthiques qui demeurent

« Par essence, les médiations numériques sont vulnérables, elles peuvent être détournées, hackées. Et les frontières d’un champ d’exploitation spécifique peuvent vite être violées », estime Pierre-Antoine Chardel, sociologue et philosophe à l’Institut Mines-Télécom Business School. « Notre société apparaît de plus en plus en demande de contrôle démocratique sur les nouvelles technologies, estime-t-il. Et on ne peut pas imposer un système qui pourrait avoir un impact sur les libertés individuelles, sans un minimum de concertation ».

 

Sources : Ministère des solidarités et de la santé – Le Parisien, Damien Licata Caruso (21/10/2020) – La Croix, Laureline Dubuy (22/10/2020) – The Conversation, Allison Gardner (21/10/2020)

Photo : Pexels de Pixabay

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres