« Si on va vers le DPI-A, collectivement, on accepte que toute notre société est intolérante au handicap »

Publié le : 29 juillet 2020

Dans une vidéo publiée sur le site du journal Le Figaro, Clotilde Noël qui préside l’association Tombée du nid, témoigne : « Le projet de loi [de bioéthique] c’est un moment qui nous effraie ».

« Je dirais que je n’ai pas plus de difficultés aujourd’hui avec mes enfants handicapés que j’en ai avec les autres », estime cette mère de neuf enfants, dont trois sont porteurs de handicap. « Les grandes difficultés que nous traversons avec nos enfants porteurs de handicap, c’est le regard justement. » Un regard de la société « pesant et violent », « et qui nous empêche d’avancer » dénonce-t-elle.

Le diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies[1] (DPI-A), « qui vise spécialement la trisomie 21 », revient à « décide[r] collectivement de ne pas réimplanter ces embryons porteurs d’anomalies génétiques », explique Clotilde Noël. « Si on va vers le DPI-A, collectivement, on accepte que toute notre société est intolérante au handicap » juge-t-elle.

« Je ne veux plus entendre ces députés et ces sénateurs qui parlent de ″traque″ quand il parlent de nos enfants, qui parlent de ″poison″ dans les familles″. » « Je suis en contact de personnes trisomiques adultes, je peux vous dire qu’elles sont tout à fait conscientes de ce qui est en train de se tramer indique-t-elle. Et c’est extrêmement violent pour eux. » « On ne parle que d’eux sur un caryotype et un chromosome en plus. »

Mais pour que Marie, sa fille porteuse de trisomie 21, soit heureuse, « j’ai besoin de faire alliance avec l’Etat » déclare Clotilde Noël. « Le seul désirs des parents c’est que ton enfant soit heureux. Mais dans une société qui le rejettera, moi je sais qu’il ne sera pas heureux. »

Pour aller plus loin :


[1] Anomalie du nombre de chromosomes

 

Source : Le Figaro (24/07/2020)

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