Scientifiques : pour ou contre le clonage thérapeutique ?

Publié le : 31 janvier 2003

De nombreux scientifiques commentent aujourd’hui dans les journaux le vote du Sénat interdisant le clonage thérapeutique.

 

Des chercheurs comme Marc Peschanski de l’Inserm et Jacques Hatzfeld du CNRS (à l’origine de la demande d’importation de lignées de cellules souches embryonnaires en France) déplorent vivement cette interdit et jugent insuffisant l’ouverture sur la recherche sur les embryons surnuméraires. 

René Frydman est favorable à la destruction des embryons au profit de la recherche au motif que les embryons surnuméraires dont les couples ne veulent plus seraient détruits et que l’IVG est pratiquée : « pourquoi protègerait-on certains embryons et pas d’autres ?« .

 

Pour Jacques Hatzfeld, dans le cadre du clonage thérapeutique, il ne s’agit pas de destruction d’un embryon puisque « l’embryon issu du clonage thérapeutique n’a pas été fécondé par un spermatozoïde« . 

 

Axel Kahn, lui, est opposé au clonage thérapeutique. Il dénonce cette appellation « thérapeutique » pour une technique qui n’a en fait rien de thérapeutique. Cette appellation s’apparente pour lui à « un faux nez« . Il estime que « si la liberté de la recherche est fondamentale, elle doit être limitée par des valeurs supérieures« .

 

Pour Laurent Degos, chef du service d’hématologie de l’hôpital St Louis, « accepter la constitution d’embryons humains dans le cadre du clonage thérapeutique serait la preuve que l’utilité scientifique et médicale constitue la valeur suprême en matière de droit ». Quant à l’argument thérapeutique du clonage thérapeutique pour des maladies incurables, Laurent Degos pose cette question : « jusqu’à quel point peut-on prendre la vie pour donner de la vie ? ».

 

Jacques Montagut, biologiste de la reproduction et membre du CCNE, estime qu’envisager le clonage thérapeutique « est totalement prématuré » mais aurait préféré à l’interdiction une « non autorisation ». 

 

Carlos de Sola, chef de la division bioéthique du Conseil de l’Europe, revient sur les perspectives thérapeutiques incertaines du clonage : « pour l’instant, la recherche porte uniquement sur les possibilités de différencier les cellules souches et de maîtriser leur multiplication« . Il reconnaît que le clonage thérapeutique n’est pas une nécessité sur le plan scientifique. 

<p>La Croix (Marianne Gomez) 31/01/03 - Libération (Julie Lasterade - Pierre Bienvault) 31/01/03</p>

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