Royaume-Uni : l’espérance de vie est en baisse chez les femmes pauvres

Publié le : 23 novembre 2018

Une étude récente révèle que l’écart d’espérance de vie entre riches et pauvres se creuse au Royaume-Uni. Le professeur Majid Ezzati, auteur principal de la recherche, juge cette tendance « profondément préoccupante » et interpelle le gouvernement quant aux causes de cette inégalité.

 

Cette étude montre que :

  • L’espérance de vie des femmes les plus pauvres d’Angleterre a diminué de 0,24 par an depuis 2011.
  • En 2016, l’espérance de vie des femmes pauvres était de 78,8 ans, contre 86,7 ans chez les riches. Pour les hommes, elle était de 74,0 ans chez les plus pauvres, contre 83,8 ans chez les plus riches.
  • L’écart d’espérance de vie entre riches et pauvres est passé, pour les femmes, de 6,1 ans (2001) à 7,9 ans (2016) et pour les hommes de 9,0 ans (2001) à 9,7 ans (2016).

 

Pour Majid Ezzati, ces chiffres sont un « indicateur très préoccupant de l’état de la santé » du pays, lié aux réductions budgétaires du système de santé britannique et à l’augmentation du prix des aliments sains, « les mettant hors de la portée des plus pauvres ».

 

L’étude analyse aussi quelles sont les maladies qui ont le plus contribué à creuser cet écart. Elle identifie en particulier la mortalité néonatale et les maladies infantiles, les maladies respiratoires, les maladies cardiaques, les cancers du poumon et du système digestif et les démences. En 2016, les enfants de moins de cinq ans pauvres étaient 2,5 fois plus susceptibles de mourir que les enfants de familles aisées. « Cette étude suggère que les pauvres en Angleterre meurent de maladies qui peuvent être prévenues et traitées », commente le professeur Ezzati, notamment quand ce sont des maladies curables mais diagnostiquées trop tard chez les personnes à faible revenu.

 

L’étude a été menée par l’Imperial College of London, elle analyse les données de l’Office for National Statistics sur les 7,65 millions de décès enregistrés en Angleterre entre 2001 et 2016. Elle a été publiée dans la revue Lancet Public Health.

<p>Medical Press, Imperial College London (22/11/2018)</p>

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