Réactions suite à la venue du prix Nobel de médecine 2012 à l’Académie des sciences

Publié le : 19 novembre 2012

Mardi 13 novembre, en "ouvrant le symposium de l’Académie française des sciences dédié à la ‘régénération de tissus’ ", le prix Nobel de médecine 2012, le japonais Shinya Yamanaka, a évoqué les applications sur lesquelles pourraient aboutir ses recherches sur les cellules souches adultes: "le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA),  dont un essai clinique sera lancé en 2013, puis la maladie de Parkinson, des lésions de la moelle épinière et des pathologies du sang". 

A l’occasion de cette journée, la secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences, Nicole le Douarin, a mentionné que le "génie" du professeur Yamanaka résidait dans le fait "d’avoir mis au point une méthode révolutionnaire qui surmonte les impasses éthiques et techniques propres à la recherche sur les cellules souches embryonnaires". 
Si la venue en France de Shinya Yamanaka, à l’initiative de l’Académie des sciences, "avait été prévue avant l’annonce du Nobel de médecine", celle-ci "a pris toute sa signification avec la prise de conscience mondiale, avec le Nobel, de l’importance de l’avancée représentée par cette découverte [ndlr: des cellules iPS] ‘pour la science et ses applications actuelles et potentielles dans le domaine de la santé’ ". Pour la Fondation Jérôme Lejeune, "il est d’autant plus intéressant d’entendre le professeur Yamanaka s’exprimer à Paris, que la France a mis longtemps à prendre la mesure de ses travaux, publiés dès 2006, sur les iPS animales, et 2007, sur les iPS humaines". 

S’exprimant sur les avancées réelles des cellules souches embryonnaires, la Fondation rappelle: "après 20 ans de recherche dans le monde et des dérogations accordée depuis 2004 en France par l’Agence de la biomédecine, la recherche sur l’embryon n’a pas concrétisé les promesses d’applications thérapeutiques spectaculaires annoncées". En revanche, " alors que les iPS humaines n’existent que depuis 2007, le Pr Yamanaka a présenté les résultats probants déjà existants (pour la modélisation de pathologie et le criblage des molécules) et les perspectives prometteuses (pour la thérapie cellulaire) qu’offrent ces cellules, sans recourir à l’embryon". Pour Mme le Douarin, "les iPS sont ‘plus proches’ d’aboutir, la première application en vue pour la thérapie cellulaire étant le traitement de la DMLA dont un essai clinique sera lancé en 2013."

Alors que le "gouvernement japonnais a su prendre la pleine mesure de la découverte et a soutenu le Pr Yamanaka dès 2009, en finançant ses travaux à hauteur de 40 millions d’euros", la Fondation précise: "il est crucial, pour la recherche française, d’espérer une prise de conscience similaire des responsables politiques de notre pays. Prochain test le 13 décembre au Sénat, avec le retour du débat sur l’autorisation de la recherche sur l’embryon". Elle interroge: "la France décidera-t-elle de libéraliser de façon anachronique la recherche?". Pour la Fondation Jérôme Lejeune, "cela ouvrirait la porte à des financements qui à la fois manqueront nécessairement à la recherche sur les cellules iPS, et n’auront d’autres effets que de satisfaire les attentes de l’industrie pharmaceutique". Elle termine en précisant: "si, malgré l’évidence, la France se refuse à choisir et veut tout, elle n’aura rien". 

 Zenit.org 16/11/12

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