Réactions suite à la récente déclaration du CNGOF, favorable à “l’autoconservation ovocytaire sociétale”

Publié le 7 Jan, 2013

 Alors que le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) s’est récemment exprimé en faveur de l’autoconservation des ovocytes pour convenance personnelle (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 13/12/12), des réactions émergent.
"S’il fallait permettre à chaque femme et à chaque homme de conserver pour le confort leurs cellules reproductrices, beaucoup craignent que l’intention se heurte à des soucis logistiques, sans compter la question du coût". Ainsi, la député UMP Valérie Boyer, une des rédactrices des dernières lois de bioéthiques, précise que "la Sécurité sociale ne prend en charge que les actes médicaux, c’est un de ses fondements. Il faudrait donc imaginer que les personnes elles-mêmes paient pour l’autoconservation de leurs gamètes. Cela créerait forcément des inégalités".
Pour le gynécologue François Olivennes, une autre question se pose, celle de l’anticipation: "les jeunes femmes n’auront pas le réflexe de faire congeler leurs ovocytes, comme elles ne se projettent pas nécessairement toutes dans la maternité. Elles le feront à 35 ans passés, où les taux de succès d’une ponction d’ovocytes et d’une AMP [assistance médicale à la procréation] sont de l’ordre de 60%". 
Pour ce qui est des conditions dans lesquelles la technique de l’autoconservation des ovocytes pourrait être autorisée, les acteurs de l’AMP considèrent que celle-ci est un "espoir" qui "doit être encadré et organisé". A ce titre, "le CNGOF a lancé un groupe de travail pour tenter de définir l’âge limite auquel ‘une grossesse pourrait être induite par ce procédé", car, explique Véronique Fournier, directrice du centre d’éthique clinique de l’hôpital Cochin, "à partir du moment où une technique est disponible, les femmes vont la demander. Elles pourraient faire leur ‘propre cuisine’ et séparer une fois pour toute leur vie sentimentale, conjugale, et maternelle". Enfin, un dernier point reste à soulever, celui des questions éthiques, qui, toujours selon Véronique Fournier, "ne manqueront pas de se poser derrière".
Enfin, l’article précise que "l’Agence de la biomédecine n’a pas souhaité se prononcer sur la proposition des gynécologues" car selon elle, "ce serait sortir de son rôle de garante de l’éthique médicale limité […] aux pratiques existantes". 

 Libération (Anna Cuxac) 08/01/13

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