Réactions au clonage

Publié le : 30 décembre 2002

L’annonce de la naissance du premier bébé cloné, a provoqué une vague d’oppositions, d’interrogations et de perplexité. Que ce soit les institutions scientifiques, médicales, éthiques, philosophiques, religieuses ou politiques, toutes condamnent unanimement cette naissance.

Elle suscite en premier lieu le scepticisme de la communauté scientifique pour qui la technique du clonage est loin d’être au point. En effet, la plupart des embryons d’animaux clonés n’arrivent pas à terme ou, s’ils voient le jour souffrent de graves malformations.

 

Les scientifiques soulignent l’attitude irresponsable de la secte comme Jean-Paul Renard, directeur de recherche à l’Inra: « comment peut-on entre autres, accepter aujourd’hui que l’on mène des expériences sur l’homme, alors que le prérequis en terme d’expérimentation animale est totalement insuffisant ? » Axel Kahn estime de son côté, que cette annonce est du domaine de la propagande et qu’en l’absence de preuve scientifique « il est très difficile de faire confiance aux membres d’une secte qui racontent n’importe quoi sur l’origine de l’homme ».

Du côté des politiques, le président Jacques Chirac a renouvelé sa condamnation énergique de toute recherche concernant le clonage humain reproductif et a réaffirmé que, cette pratique contraire à la dignité de l’homme était criminelle. Il a appelé tous les États à  « se rallier sans plus tarder » à la proposition franco-allemande visant à la « prohibition universelle » de cette pratique. Le président Georges Bush s’est déclaré profondément « troublé« .  Selon le porte-parole de la Maison Blanche, le président « est fortement favorable à une législation bannissant toute forme de clonage humain ».Il a indiqué qu’il allait presser le Congrès de voter une loi interdisant le clonage humain. L’agence américaine pour la sécurité alimentaire et pharmaceutique (FDA) a déclaré qu’elle allait enquêter sur les circonstances de ce « supposé clonage ». Le clonage n’est pas illégal aux Etats-Unis mais tout protocole impliquant des êtres humains doit d’abord obtenir l’approbation de la FDA.

Du côté de la communauté religieuse, Jean-Marie Lustiger a déclaré que le clonage est « comparable à toutes les entreprises eugéniques et même (à celle) de l’entreprise, qui se croyait rationnelle et scientifique des nazis ». « Où est le respect de l’homme ? On veut sauver l’humanité et on laisse crever l’humanité sous des prétextes pseudo-scientifiques » a t-il ajouté. Le Vatican a commenté la nouvelle en déclarant par l’intermédiaire de son porte-parole : « l’annonce en elle même est l’expression d’une mentalité brutale, dénuée de toute considération éthique et humaine… ». Pour Dalib Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris « l’homme est procréateur mais non recréateur : ce n’est pas à lui de maîtriser la création d’individus en dehors des lois naturelles ». Quant au rabbin, Haîm Korsia, il affirme « la pratique du clonage reproductif consiste à se prendre pour le diable, et non pour Dieu qui, lui, ne craint pas la concurrence« . Olivier Abel, professeur de morale à la faculté protestante de Paris rappelle que « toutes les confessions chrétiennes sont unanimement opposées au clonage reproductif, parce qu’il conduit à l’eugénisme. Un être humain est unique, insubstituable : il ne peut être l’objet d’un choix délibéré qu’un autre être humain aurait effectué à 100% ».

Enfin Monette Vacquin, psychanaliste affirme : « on peut se demander si le clonage n’est pas un symptôme de la folie du monde occidental, où toutes les manipulations et toutes les transgressions sont banalisées. En une génération, le monde occidental a perdu les frontières naturelles, le sens du sacré. Les interdits n’ont jamais empêché les transgression, ils les ont juste rendues apparentes. »

<p>Le Figaro (Martine Perez ) 28/12/02 - La Croix 30/12/02 - Le Monde (Michel Alberganti) 30/12/02 - le Figaro (Guillemette Faure) 30/12/02</p>

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