Quels usages pour l’embryon humain ?

Publié le 2 Mai, 2000

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<p><strong>La levée de l’interdit ?</strong></p>

<p>La presse annonce le dépôt probable, en septembre, du projet de loi de réexamen des lois de bioéthique à l’occasion de &nbsp;la &nbsp;rencontre &nbsp;des parlementaires Alain Claeys et Claude &nbsp;Huriet &nbsp;avec &nbsp;le président Chirac. La légitimité des &nbsp;recherches &nbsp;scientifiques sur &nbsp;l’embryon &nbsp;humain constitue l’un des chapitres les plus importants et les plus &nbsp;controversés &nbsp;de &nbsp;ce réexamen. Doit-on au vu des spectaculaires &nbsp;promesses thérapeutiques de la biologie, réviser l’interdiction de toute expérimentation &nbsp;sur l’embryon humain ? Parmi les voix &nbsp;qui &nbsp;s’élèvent &nbsp;pour demander &nbsp;un &nbsp;encadrement très strict de ces travaux, la presse relaye celles de nombreux médecins et chercheurs. Il n’est plus question alors d’opposer deux principes essentiels : le respect de la vie dès son commencement et le droit de ceux qui souffrent à mettre en œuvre &nbsp;toute &nbsp;recherche susceptible de lutter contre leurs maux. Mais il s’agit plutôt de &nbsp;faire &nbsp;le &nbsp;point &nbsp;sur &nbsp;la légitimité &nbsp;des &nbsp;projets &nbsp;de recherche en &nbsp;cours et leur valeur scientifique. Parmi ces voix citons celle de Jacques Testart qui porte un jugement sévère &nbsp;sur &nbsp;ces &nbsp;projets. « L’avènement de la fécondation in vitro a été l’occasion de constituer &nbsp;des &nbsp;embryons humains &nbsp;séjournant temporairement &nbsp;hors &nbsp;du corps &nbsp;féminin. &nbsp;Les perspectives &nbsp;ainsi &nbsp;ouvertes d’intervention directe sur ces embryons &nbsp;sont &nbsp;apparues progressivement » (1) .</p>

<p>La production &nbsp;croissante d’embryons (dûe au nombre croissant de couples traités par &nbsp;FIV &nbsp;et &nbsp;du &nbsp;nombre d’ovules &nbsp;recueillis), la diminution &nbsp;du &nbsp;nombre d’embryons transférés pour limiter &nbsp;les &nbsp;grossesses multiples et la possibilité de conserver les embryons non transférés, portent à 35000 le nombre d’embryons ainsi congelés chaque année. Le « matériel » utilisable par la recherche est donc abondant (100 000 aujourd’hui) même Gène Ethique – n° 5 – mai 2000 si la loi interdit la création d’embryons à des fins de recherche…</p>

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<p><strong>Pour quel enjeu ?&nbsp;</strong></p>

<p>Pour &nbsp;J. &nbsp;Testart &nbsp;les chercheurs affirmant depuis plusieurs années « qu’il est urgent de réaliser certains travaux &nbsp;utilisant &nbsp;des embryons &nbsp;humains » &nbsp;n’ont aucune proposition qui justifie une telle démarche. « Parmi toutes ces propositions pour l’usage des embryons humains, beaucoup frôlent le non-sens ou la mauvaise foi, et aucune ne correspond à un véritable projet &nbsp;de &nbsp;recherche &nbsp;sur l’embryon. » &nbsp;Même &nbsp;si maintenant &nbsp;des &nbsp;perspectives nouvelles &nbsp;de &nbsp;traitement apparaissent et semblent plus motivantes &nbsp;que &nbsp;les &nbsp;vagues projets d’il y a quelques années, « il &nbsp;serait &nbsp;éthiquement inacceptable de ne pas procéder préalablement à des essais à partir d’embryons animaux, et en particulier de primates. »&nbsp;</p>

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<p>Enfin les récentes recherches portant sur les cellules souches découvertes &nbsp;dans &nbsp;les &nbsp;tissus d’adultes ouvrent des espoirs thérapeutiques aussi intéressants que les cellules embryonnaires et ont l’avantage de ne pas engager &nbsp;l’embryon &nbsp;humain.&nbsp;</p>

<p>&nbsp;</p>

<p>Rien ne justifie donc pour l’instant &nbsp;la &nbsp;levée &nbsp;de l’interdiction des recherches sur l’embryon. Tout se passe donc &nbsp;comme &nbsp;si &nbsp;« l’enjeu véritable &nbsp;n’était &nbsp;ni &nbsp;la connaissance ni la médecine mais l’emprise de l’humanité sur tous les stades de son être. » Le débat semble donc plus &nbsp;idéologique &nbsp;que scientifique.</p>

<p>(1) J. Testart cité dans le Quotidien du Médecin 3/4/2000</p>

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