Québec : la gratuité de l’AMP fait exploser les demandes

Publié le : 4 octobre 2010

Le programme de gratuité de la procréation assistée, commencé depuis le 5 août 2010 au Québec, connaît un tel succès que les quotas prévus pour la première année seront atteints dès le mois de décembre dans les cliniques privées (Cf. Synthèse de presse du 13/07/10). Ce programme rembourse jusqu’à 3 cycles de fécondation in vitro (FIV).

A la clinique OVO de Montréal, qui compte 9 spécialistes de l’assistance médicale à la procréation (AMP), « le nombre de cycles de fécondation in vitro pratiqués chaque semaine a doublé depuis le début du programme. […] En deux mois à peine, on est passé de 20 à environ 45 cycles par semaine, pour atteindre près de 300 cycles à la fin du mois de septembre » a expliqué le Dr. Joanne Benoit, spécialiste en gynécologie-obstétrique à OVO. Pas moins d’une centaine de personnes travaillent désormais au service de FIV de la clinique et une attente moyenne de 7 mois au lieu de 3 ou 4 mois pour un premier cycle de FIV est nécessaire tant la demande est forte. Plus de 1000 patientes auraient déjà profité du programme.

Lorsque le ministre de la santé Yves Bolduc a lancé ce programme en juillet 2010, le gouvernement prévoyait le remboursement de 3500 cycles de FIV en 2010 pour un budget de 25 millions de dollars. Le budget prévu ambitionne d’atteindre 63 millions de dollars en 2014 pour 7000 cycles de FIV. Ce programme a suscité de nombreuses critiques de fédérations de médecins estimant qu’il y a d’autres priorités dans le contexte économique actuel, notamment le financement des soins de base.

Le Dr. Pascale Hamel, présidente de l’Association des pédiatres du Québec, et le Dr. Robert Sabbah, président de l’Association des obstétriciens-gynécologues québécois, considèrent que le programme fonctionne « à l’aveuglette« . Ils s’inquiètent également du manque de ressources pour le suivi des femmes pendant leur grossesse et pour soigner les nouveaux nés. Pour le Dr. Hamel, « le gouvernement a fait un gros travail en ciblant des centres pour les soins tertiaires en néonatalogie […] Mais la situation demeure critique. Je suis aussi inquiète de l’essoufflement des pédiatres. Dans le cas des FIV, les mamans sont souvent plus âgées et risquent davantage de souffrir d’hypertension ou de diabète. Il peut en découler des problèmes pulmonaires chez les bébés, sans oublier les grossesses multiples liées aux traitements hormonaux, qui se terminent souvent par un accouchement prématuré« .

<p>Cyberpresse.ca (Sara Champagne) 01/10/10 – Canoe.ca 01/10/10</p>

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