Quand les cellules souches adultes rivalisent avec les cellules souches embryonnaires…

Publié le 4 Mai, 2001

Des chercheurs ont découvert, pour la première fois chez une souris adulte, des cellules « multifonctions » capables de se transformer en une grande variété de cellules du corps. Jusqu’à maintenant de telles cellules avaient seulement été identifiées chez l’embryon. L’équipe de chercheurs américains de la New York University School of Medecine et du Yale Cancer Center (New Haven, Connecticut) l’a démontré en transplantant une cellule souche de moelle osseuse de souris mâles à des souris femelles irradiées.

 

Cette étude indique que « l’organisme adulte héberge des cellules souches aussi flexibles que les cellules souches embryonnaires » affirme le Dr Neil Theise (New York University School of Medecine) qui a codirigé les recherches. Il souligne, par ailleurs, que « cette étude fournit la plus solide évidence à ce jour ».

 

En effet, pendant longtemps, les chercheurs ont pensé que les cellules souches adultes ne pouvaient donner naissance qu’à des cellules sanguines. Mais depuis ces trois dernières années, il a été progressivement révélé que ces cellules possèdent une plus grande plasticité et qu’elles peuvent se transformer en cellules d’os, de muscle et du cerveau. Cette dernière étude démontre même « un haut degré de plasticité : une seule cellule est capable de se différencier en cellules du tube digestif, du poumon et de la peau ».

 

L’étude de Krause, Theise et coll., publiée cette semaine dans la revue Cell, montre qu’en plus de leur capacité à se différencier, les cellules souches adultes ont dévoilé leur capacité à se disséminer spontanément dans tout l’organisme après l’injection et que le processus de régénération cellulaire constaté chez la souris survient également chez l’humain.

Les chercheurs expliquent qu’il semblerait que les cellules souches adultes soient orientées vers les sites de lésion par des facteurs secrétés par les organes endommagés.

 

insi, lorsque les cellules arrivent dans le tissu abîmé, l’environnement local stimulerait leur différenciation.

Les implications thérapeutiques en thérapie génique seraient multiples, notamment dans la réparation ou la reconstitution d’organes et dans le traitement de certaines formes de lésion tissulaire ou de maladies.

 

Cette publication est rendue publique alors qu’il y a quelques jours The Washington Post annonçait que le Président Bush et son gouvernement annulaient le congrès qui devait réunir chercheurs et scientifiques en faveur de la recherche sur les cellules embryonnaires. C’est peut être une première étape du président américain pour faire stopper toutes les recherches sur les cellules souches embryonnaires au profit des cellules souches adultes dont les potentialités se sont révélées très prometteuses.

Le Quotidien du Médecin 04/05/01 Le Figaro 04/05/01 The Washington Post 21/04/01

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