PMA : Un nouveau biomarqueur pour « mieux sélectionner » les embryons

Publié le : 16 septembre 2015

Le Professeur Samir Hamamah (Inserm U1230, CHU Montpellier), préoccupé du taux d’échec des Fécondation In Vitro (FIV)[1], a mené avec son équipe une étude sur 117 femmes, dont les résultats viennent d’être publiés dans la revue PlosOne (revue internationale de faible impact).

 

Ces chercheurs assurent pouvoir « prédire à 88% le succès d’une procréation médicalement assistée » grâce au dosage d’un marqueur biologique. Ce nouveau marqueur évalue « la qualité des ovocytes de la mère » de façon plus fiable que les marqueurs utilisés actuellement. « La qualité de l’ovocyte et de son microenvironnement affectent, en effet, les premiers instants du développement de l’embryon », explique le Professeur Hamamah.

 

Regrettant qu’en France il soit « impossible de rechercher les anomalies chromosomiques chez les embryons en routine, comme cela se fait dans les pays anglosaxons », il s’est résolu à « partir sur autre chose et trouver un bon marqueur pour réduire le nombre de tentatives se soldant par des échecs et dont le prix est très élevé pour la collectivité ».

 

L’équipe de chercheurs s’est pour cela intéressée aux fragments d’ADN « libérés dans la circulation (sang et fluides biologiques) à la suite de la destruction des cellules ». Le taux d’ADN libre reflète « la qualité du microenvironnement folliculaire (des ovules) et donc les chances de grossesse ». C’est un facteur prédictif fiable à 88%. Il n’offre pas de solution aux femmes dont les ovocytes sont de « mauvaise qualité », mais « ce marqueur variant selon les cycles, on peut décaler la tentative de 2 à 3 mois pour tenter d’obtenir des ovocytes de meilleure qualité ».

 

Avec ce nouveau test, le Professeur Hamamah se réjouit de pouvoir « améliorer le choix d’embryons candidats au replacement dans l’utérus ou à la congélation en vue d’un replacement différé », « mieux sélectionner le matériel cellulaire pour accroître les chances pour les couples d’avoir un enfant ». L’Inserm précise que « l’industrie pharmaceutique est déjà séduite par ce concept et s’est rapprochée des chercheurs».

 

Note de Gènéthique : Le professeur Hamamah menait des recherches sur l’embryon humain dans le but d’« améliorer les résultats de la fécondation in vitro » et d’« identifier des marqueurs de qualité embryonnaire » (cf. Gènéthique du 9 juillet 2015). Il a du suspendre ses travaux car le tribunal administratif de Paris a reconnu fin juin l’illégalité de l’autorisation de recherche qui lui avait été délivrée par l’Agence de Biomédecine (cf. Gènéthique du 25 juin 2015).

 

[1] « Moins de 2 FIV sur 10 aboutissent à une grossesse aujourd’hui en France ».

 

<p>Sciences & Avenir (15/09/2015) ; Inserm (14/09/2015)</p>

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