PMA, GPA, utérus artificiel : trois rouages d’un même engrenage

Publié le 13 Mar, 2016

Le philosophe Dominique Folscheid publie une tribune dans laquelle il analyse la GPA, « rouage dans un engrenage à effet de cliquet », qui suit celui de la PMA et précède l’utérus artificiel.

 

« Sans les pratiques en usage dans la procréation médicalement assistée, la GPA n’existerait pas », explique-t-il, car la GPA dépend en effet « de la production d’embryons in vitro », d’enfants « Lego, fait de pièces détachées, au prix de la dissociation de sa parenté ». Il montre aussi que « le recours à la technique a modifié le désir d’enfant. Puisque l’incapacité de procréer attise le manque et engendre de la souffrance, on ne voit pas pourquoi on n’utiliserait pas les moyens techniques d’y remédier. Le désir d’enfant se transforme alors en ‘droit à l’enfant’. Et pour peu que la loi en vigueur interdise à certains l’accès à ces techniques, la souffrance va se muer en sentiment d’injustice. En se comparant aux autres, on se jugera victime d’une odieuse discrimination ».

 

Mais la GPA n’est encore « qu’une étape transitoire vers l’utérus artificiel », qui supprimera les « embarras éthiques » de la GPA, pour « rompre définitivement avec la nature ».

 

Pour l’heure, les « embarras éthiques » de la GPA continue de « gêner aux entournures ». La « trouvaille », pour s’en débarrasser, c’est ce « pour autrui » qui « permet d’exhiber la valeur supérieure qu’est la ‘générosité’ d’une tierce femme pour masquer les intérêts égoïstes de ses commanditaires ou clients ». Avec l’altruisme, « le grand mot est lâché, destiné à faire vibrer les cordes sensibles de la moralité au niveau des basses, les plus efficaces ». Mais « on aura beau se dorer verbalement la pilule, on n’évitera pas l’aliénation des femmes ‘porteuses’ ».

 

La manipulation du discours est enfin parachevée avec le sigle ‘GPA’, « pas seulement par facilité de langage, mais parce que les acronymes permettent de faire apparaître les opérations techniques comme strictement techniques en dissimulant ce qu’elles cachent ».

Bioethique.com (10/03/2016)

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