PMA, GPA : la machinerie médicale nie la complémentarité des sexes

Publié le : 28 juillet 2017

Dans une tribune, Tüllay Umay et Jean-Claude Paye, sociologues belges, abordent la polémique française autour de la PMA qui, selon eux, révèle les enjeux de ces modifications profondes sociétales, contrairement à la Belgique où ces questions font peu débat.

 

Depuis 2013, la législation française ouvre l’adoption d’enfants aux couples homosexuels, et actuellement la question d’ouvrir la PMA aux couples de femmes et aux célibataires est discutée. En conséquence des ces réformes, « le père et la mère deviennent interchangeables », la différence sexuelle est niée, « une véritable rupture dans l’histoire de l’humanité ». De tout temps, l’homme s’est interrogé : « Pourquoi deux sexes et non un seul ? ». S’appuyant sur les récits mythiques grecs et les textes de l’ancien testament, les sociologues expliquent que cette division a une raison non seulement réelle, mais aussi « symbolique » : « La division sexuelle n’est pas un donné mais une condition pour qu’une société humaine puisse commencer. Dès qu’il est sexué, l’humain n’est plus un tout. La division sexuelle installe un manque, elle révèle une incomplétude. ». Cela créée ainsi un « désir de l’autre » permettant l’existence d’une société où peuvent se créer des échanges.

 

Rappelant le récit grec sur la naissance de la première femme, qui provoque la descente des hommes des cieux où ils vivaient jusqu’alors, puis le récit de la Genèse où Dieu créé Eve « pour tirer l’Adam de son isolement », les sociologues concluent que la relation n’est possible que « si chacun accepte ce manque ». Or dans les « nouvelles formes de famille composées », l’autre – donneur ou mère porteuse – est effacé, on nie le manque de l’homme ou de la femme rendue pourtant nécessaire à la procréation. Tüllay Umay et Jean-Claude Paye en veulent pour preuve l’avis du CCNE français où « n’apparaît qu’un sexe, celui de la femme ». La séparation de la procréation de l’acte sexuel a pour conséquence directe de cacher à la femme « l’absence de l’autre » car elle « n’a plus affaire qu’avec la machine médicale qui lui garantit son “autonomie” ».

 

En ce qui concerne la GPA, « il s’agit de la même opération de déni de l’autre, ce dernier n’existant que comme support d’une opération technique, comme un rouage de la machine médicale ». Cette impression de « toute puissance » médicale cache une « totale subordination à la machine médicale et étatique ».

 

Pour les deux sociologues, cette « externalisation de la reproduction est un choix politique d’une société composée de monades n’ayant pas de relations entre elles ». Une société individualiste « où l’état […] les fait être comme de petits dieux ». 

<p>La Libre Belgique (27/07/2017)</p>

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