Pénurie de dons d’organes : les embryons-chimères comme unique solution ?

Publié le 13 Sep, 2016

En août dernier, les Instituts américains pour la santé (NIH) ont annoncé qu’ils révisaient le moratoire institué en septembre 2015, qui interdisait l’utilisation de fonds fédéraux pour la recherche sur les embryons hybrides humain-animal (cf. Etats-Unis : Le NIH en passe de financer les travaux sur les chimères ?).

 

L’annonce du NIH semble avoir été motivée par les travaux de recherche du professeur américain George Church, généticien et ingénieur en biologie moléculaire à Harvard, qui cherche à fabriquer des tissus humains à l’intérieur de porcs pour créer des organes utiles à la transplantation (Les cochons génétiquement modifiés sont-ils l’avenir de la transplantation d’organes ?).

 

Pour Insoo Hyun, bioéthicien à la Case Western Reserve School of Medicine de Cleveland (Ohio), il est urgent d’agir face à la pénurie d’organes humains. Selon lui, les chimères animales-humaines pourraient devenir une alternative au don d’organes. Il déplore le manque de financement actuel de la part du NIH étant donné « les avancées que permettent ces recherches ».

 

A contrario, les Dr Silvia Camporesi et Giulia Cavaliere, spécialistes du don d’organes, estiment que l’urgence de la situation n’est pas une raison pour accepter n’importe quelle solution scientifique. Pour agir face à la pénurie d’organes humains, elles appellent au contraire à chercher d’autres alternatives plus éthiques que les chimères animales-humaines. Elles proposent ainsi la mise en place d’une législation facilitée pour augmenter le don d’organes d’humain à humain, comme en Autriche où, suite au vote d’une loi, le taux de don d’organes s’est envolé, atteignant plus de 90%.

 

Pour ces médecins, les arguments fondés sur la bienfaisance sont certes courants en ce qui concerne les nouvelles technologies émergentes, mais ils risquent l’acceptation non critique d’hypothèses scientifiques. L’urgence n’est donc pas d’apporter coûte que coûte les fonds nécessaires à cette recherche, mais de s’assurer d’abord des exigences éthiques qu’elle entraîne.

 

Bionews, Dr Silvia Camporesi et Giulia Cavaliere (12/09/2016)

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