OGM : tourbillon autour du maïs Monsanto

Publié le 23 Avr, 2004

L’EFSA (European Food Safety Authority) a rendu le 19 avril dernier un avis favorable à la mise sur le marché du maïs transgénique de Monsanto, baptisé NON 863. Ce même maïs en octobre 2003 avait reçu l’avis défavorable de la Commission française du génie biomoléculaire après les résultats de tests pratiqués chez des rats révélant une toxicité pour l’animal. Les rats nourris de ce maïs présentaient une augmentation de globules blancs qui n’avait pu être clairement identifiée.

Ces différents avis, considérés par certains comme des querelles d’experts, semblent montrer que la question de l’influence des organismes génétiquement modifiés (OGM) sur la santé n’est toujours pas résolue.

Hervé Kempf du Monde décrit un processus d’autorisation des OGM marqué par l’opacité de l’évaluation scientifique des risques, par la difficulté d’accès à certaines informations et par l’insuffisance de données dans les dossiers traités.
Quant à Corinne Lepage, elle annonce que le Crii-Gen (Comité de recherches et d’information sur le génie génétique) dont elle est présidente, ” va demander une véritable transparence sur les études des effets des produits transgéniques chez les animaux ” et rajoute qu’il est ” nécessaire que, dans l’attente de cette information et de ce débat, le moratoire soit maintenu “.

 

Depuis quelques années, les tests alimentaires sur les animaux, dits “d’alimentarité”, sont obligatoires. Le rat est le modèle animal le plus utilisé car relativement proche de l’organisme humain, omnivore et peu cher. Une étude “d’alimentarité” d’un aliment transgénique pratiquée par des laboratoires spécialisés est estimée à 80 000 euros.

L‘interprétation des résultats est difficile car d’une part, par respect de l’équilibre nutritionnel de l’animal, les rations ingurgitées ne sont pas très importantes et d’autre part on trouve ” presque toujours une déviation, une divergence statistique ” note Harry Kuiper, président du panel OGM du comité scientifique européen (EFSA). Ces différences entre les animaux nourris avec ou sans aliment transgénique seraient liées à l’environnement de l’animal ou à sa variabilité naturelle.

Pour Gérard Pascal, directeur de recherche à l’Inra et membre de la Commission française du génie biomoléculaire (CGB), il faut “ avoir la franchise d’avouer qu’on ne dispose pas des méthodes appropriées ” pour évaluer les effets à long terme des OGM.

Le Figaro 23/04/04 – Libération 23/04/04 – Le Monde (Hervé Kempf) 23/04/04

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