OGM : réforme de l’Efsa ?

Publié le 30 Juin, 2009

L’autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) pourrait être bientôt réformée afin d’améliorer le système d’expertise européenne sur les OGM. Les ministres européens de l’environnement insistent en effet sur la nécessité d’une “évaluation détaillée des effets à long terme sur l’environnement “.

 

Cette demande intervient après la multiplication par l’Efsa d’avis favorables aux OGM : 42 avis positifs ont été rendus, adoptés à l’unanimité, soit la totalité des dossiers traités. Certains s’interrogent donc sur la neutralité de l’Efsa sur les OGM.

 

L’autorité européenne précise que ses avis se fondent sur la prise en compte des dossiers fournis par les industriels, ainsi que sur l’examen minutieux des articles scientifiques disponibles. Par ailleurs, chaque expert doit attester de sa neutralité par rapport à un quelconque intérêt, financier ou intellectuel, qui pourrait l’influencer dans sa mission. A plusieurs reprises, l’autorité européenne a traité les dossiers avec l’indépendance qu’elle revendique : ainsi en établissant que le colorant rouge 2G (E 128) utilisé depuis trente ans dans les saucisses et les hamburgers, était cancérigène. Avec 400 permanents et un financement communautaire de 73 millions d’euros, l’Efsa est aujourd’hui, selon sa directrice Catherine Geslain- Lanéelle “un système d’évaluation des risques extrêmement robuste“.

 

Mais, pour l’écophysiologiste Yvon Le Maho, directeur de recherche au CNRS et chargé de rédiger un rapport scientifique répondant aux critiques de Monsanto contre la clause de sauvegarde activée par la France pour suspendre la culture du maïs transgénique MON 810, l’Efsa a des lunettes sélectives. Lors de son audition en octobre 2008 avec trois autres chercheurs français, il a eu l’impression que “leur opinion était faite d’avance“. Le procès verbal concluait : “Il n’existe pas de preuve de la possibilité de toxicité du maïs MON 810. Les deux parties étaient d’accord sur ce point”. Cela est vrai, mais pour la délégation française, il aurait fallu ajouter : “Il n’existe pas de preuve de l’absence de toxicité à long terme du maïs MON 810. Les deux parties étaient également d’accord sur ce point“.

 

Pour Pierre-Henri Guyon, un des quatre chercheurs auditionnés, ils ont eu “affaire à des spécialistes de la biologie moléculaire, qui connaissent bien les problèmes de contamination aiguë, beaucoup moins les effets à long terme sur la santé et l’environnement”.

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