Modifier génétiquement des embryons ou des gamètes, est-ce le même problème ? Le Congrès devra se prononcer

Publié le : 22 octobre 2020

Trois experts juridiques américains souhaitent que le Congrès américain clarifie sa position sur les technologies d’édition génétique. « La façon dont le prochain Congrès décidera de traiter la question affectera la science, l’éthique et le financement de l’édition du génome pour les décennies à venir ». Dans un document sur les implications éthiques et politiques des biotechnologies, Jacob S. Sherkow, professeur de droit à l’université de l’Illinois, Eli Y. Adashi, de l’université Brown, et I. Glenn Cohen, de la faculté de droit de Harvard, interrogent sur la possibilité de modification génétique des gamètes pour « contourner » l’interdiction de modification des embryons.

« L’actuelle interdiction fédérale de financement est basée sur un concept de bioéthique qui se concentre sur l’embryon, estime le Pr Sherkow, et c’est parce qu’il y a une large reconnaissance dans la société américaine que les embryons ont une certaine importance morale que les autres composants biologiques n’ont pas. Mais avec les progrès de la biotechnologie, on peut contourner ce problème. Vous pouvez éviter de modifier les embryons en modifiant les spermatozoïdes et les ovocytes, à la place. »

En effet, si les embryons sont relativement protégés du gene-editing, les gamètes, spermatozoïdes et ovocytes, restent dans une zone grise. « Bien qu’il existe un certain nombre de lois et d’avenants sur les crédits fédéraux qui mettent l’embryon humain au centre de la bioéthique, il n’y en a aucun qui régisse l’édition des gamètes » explique le Pr Sherkow. Il estime que les objections connues concernant la modification des embryons « sont tout à fait différentes pour les spermatozoïdes et les ovocytes ». Il rappelle dans le document que la personne de l’embryon est communément définie lorsque le code génétique de l’embryon est fixé, au moment où le spermatozoïde et l’ovocyte forment un zygote. Il considère donc que si la modification génétique intervient avant ce moment, elle ne s’effectue pas sur une « personne », mais s’apparente plutôt à une sorte de « sélection de donneur de sperme ou d’ovocyte ».

Le document réclame donc que le prochain Congrès américain, bientôt élu, précise, pour chacune des règlementations actuellement en vigueur, si elle s’applique uniquement à la modification génétique de l’embryon ou également à celle des gamètes.

 

Source : Medical Press, University of Illinois (21/10/2020)

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