Marisol Touraine fait le bilan et prédit l’avenir

Publié le : 29 janvier 2016

Déterminée, Marisol Touraine est intervenue ces derniers jours à plusieurs reprises.

 

La première de ses interventions date du 23 janvier, première « journée nationale de l’innovation en santé », au lendemain du « forum économique mondial de Davos ». Un « hymne inhabituel à la modernité et à nos lendemains médicalement connectés », selon Jean Yves Nau. Troisième « révolution de santé », après la médecine chimique puis la médecine robotique, c’est au tour de la « médecine digitale », liée au développement des nanotechnologies, des biotechnologies, et des sciences cognitives, d’imposer une « réorganisation de notre politique de santé, de la place de chacun de ses acteurs ».

La « médecine personnalisée » comme on l’appelle, pose toutefois des questions éthiques rapidement soulevées par la ministre : « Jusqu’où devons-nous aller dans l’anticipation de la maladie ? Jusqu’où sommes-nous prêts à aller ? Question du consentement et de l’utilisation des données ; question du droit au savoir et du besoin de savoir : veut-on réellement savoir dans le détail quel sera notre devenir médical ? Certaines personnes sont-elles mieux disposées que d’autres à connaître leur génome ? Un médecin doit-il alerter son patient s’il détecte une anomalie susceptible de développer une maladie dans 15 ou 20 ans ? »

 

Ces « bouleversements vertigineux » auront un impact sur la relation médecin-patient. Un enjeu trop rapidement évoqué par Marisol Touraine (cf. La « médecine personnalisée », une escroquerie ?). Il incombera au professeur Jean-Yves Fagon, nouvellement nommé « délégué ministériel à l’innovation en santé », de définir le cadre éthique et législatif de cette « révolution ».

 

Marisol Touraine a ensuite présenté ses vœux aux personnalités (lundi) et à la presse (jeudi), toujours aussi déterminée à « poursuivre la mise en œuvre des réformes engagées ».

Le compte à rebours a cependant commencé. Elle compte elle-même sur les 15 mois qui lui restent, « pour approfondir et ouvrir de nouveaux chantier, jusqu’à la dernière minute ».

 

Elle s’est félicitée d’« innover et de moderniser la société » avec « la loi sur la fin de vie, définitivement adoptée par le Parlement hier, qui consacre une avancée historique : celle de mettre le patient en fin de vie au cœur de la décision » (cf. Les députés et les sénateurs adoptent définitivement la loi fin de vie et font entrer dans le droit « la logique euthanasique »).

 

Enfin, Marisol Touraine n’a pas manqué de réaffirmer son attachement au « combat pour les droits des femmes ». Un combat réduit à un engagement farouchement pro-IVG. Et face « à la vigueur du déchainement conservateur » sur les réseaux sociaux (cf. Marisol Touraine fait le bilan du plan IVG au Planning Familial et GPA, don d’organes, suicide… Est-ce que mon corps m’appartient ?), elle martèle en boucle que « le droit à disposer de son corps ne peut être remis en cause ».

 

 

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