Malte : le DPI autorisé à l’unanimité

Publié le 16 Juin, 2022

Mercredi, les députés maltais ont adopté à l’unanimité en deuxième lecture les modifications de la loi sur la FIV, autorisant notamment le diagnostic préimplantatoire (cf. PMA : le DPI bientôt autorisé à Malte). Ce test vise à sélectionner lors d’un processus de PMA les embryons exempts d’une maladie génétique héréditaire dont sont porteurs ses parents. Il serait utilisé pour 9 maladies[1]. Les embryons porteurs de la maladie génétique seront congelés.

Alors que les députés des partis travaillistes et nationalistes étaient opposés au DPI au début des débats, ils ont voté pour mercredi.

Deux tests seront proposés : le PBT (Polar Body Testing), qui consiste à rechercher la maladie sur l’ovocyte de la mère[2], ou le PGTM (Pre-implantation Genetic Testing), qui lui recherche la maladie sur l’embryon.

La Commission des personnes handicapées avait diffusé un avis favorable au DPI il y a quelques jours. Mais la plupart des membres de son Conseil [3] se sont désolidarisés de cet avis, déclarant « ne pas avoir été consultés ». « En choisissant de jeter les embryons avec des déficiences génétiques, nous supposons que la vie d’une personne avec une déficience ne vaut pas la peine d’être vécue » écrivent-ils dans une déclaration. Cette loi « sape sérieusement tous les efforts en faveur des personnes handicapées à Malte au cours des dernières décennies » regrettent-ils. Elle « augmentera directement l’intolérance envers les personnes atteintes de maladies génétiques qui sont déjà nées, entretenant l’idée qu’elles auraient dû être éliminées plus tôt ».

Complément du 21/06/22 : Lundi 20 juin, Stephen Spiteri, membre du Parti nationaliste, a indiqué que son parti n’était favorable au DPI que lorsque la pathologie ne peut pas être identifiée en la recherchant sur l’ovocyte de la mère. Selon lui, tester les ovocytes permettrait d’identifier le risque de transmission pour huit des neuf maladies héréditaires considérées dans le projet de loi.

Avec ce texte, le gouvernement propose de donner à l’Autorité de protection des embryons une « plus grande marge de manœuvre » pour modifier ses protocoles, ne nécessitant que l’approbation de la commission de la santé. Stephen Spiteri a déclaré que l’opposition allait proposer un amendement afin que les députés puissent débattre de ces modifications.

Complément du 07/07/2022 : Le Parlement a approuvé la loi mercredi 6 juillet avec 66 voix pour et 3 contre. Adrian Delia, ancien chef du parti nationaliste et deux députés, Alex Borg et Ivan Bartolo, s’y sont opposés.

Complément du 28/07/2022 : Le président par intérim, Frank Bezzina, a signé la loi sur la FIV permettant son entrée en vigueur.

[1] le syndrome néphrotique congénital type finlandais, la gangliosidose, la maladie de Huntington, le syndrome de Joubert, la maladie du sirop d’érable ou leucinose, la myopathie à némaline, l’amyotrophie spinale, la maladie de Tay-Sachs et le syndrome de Walker-Warburg.

[2] Le PBT ne peut donc pas détecter la maladie de Huntington transmise par le père

[3] 11 sur 15

Sources : Times of Malta, Marc Laurence Zammit (15/06/2022) ; Malta Today, Kurt Sansone (20/06/2022) ; Malta Today, Kurt Sansone (06/07/2022) ; Wic news (27/07/2022)

 

 

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