Lever l’anonymat du don de gamètes ?

Publié le : 30 septembre 2010

Alors que le projet de loi sur la bioéthique prévoit de remettre en question le principe d’anonymat du don de gamètes, le psychanalyste Christian Flavigny affirme que les personnes nées d’un don de gamètes par un tiers ne subiraient pas un préjudice du fait de cet anonymat.

Selon lui, la grande majorité des personnes concernées auraient bien intégré cette réalité, une petite minorité seulement souhaitant la levée de l’anonymat. Cette réclamation, selon lui, n’aurait rien à voir avec l’anonymat du donneur mais serait l’expression d’une difficulté relationnelle des jeunes avec leurs parents, comme cela arrive à bien d’autres jeunes. Ils déplaceraient alors le problème et idéaliseraient la figure imaginaire du géniteur dont ils espéreraient une solution-miracle.

Concernant la crainte de l’inceste, régulièrement évoquée par les personnes nées d’un don de gamètes, Christian Flavigny estime que "cela résulte d’une confusion sur ce qui définit et fonde l’interdit de l’inceste". Pour lui, l’inceste "n’engage en rien une communauté biologique" puisque l’on parle aussi d’inceste entre des frères et sœurs adoptés qui n’ont aucun capital chromosomique en commun.

Il affirme donc que lever l’anonymat du don de gamètes serait "conforter la minorité de jeunes concernés dans un leurre", mais aussi "déstabiliser l’équilibre de toutes les familles, en instillant l’idée que la biologie participerait du lien familial, ce qui est faux […] avec d’importantes incidences sur la vie familiale et sociale".

Le Monde.fr 29/09/10 – La Vie (Claire Legros) 23/09/10

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