Les Néerlandais plus opposés à la création d’embryons humains pour la recherche

Publié le : 20 mars 2020

Aux Pays Bas, la recherche est autorisée sur les embryons humains surnuméraires, mais il est interdit d’en créer pour la recherche. Or en 2017, le gouvernement néerlandais a prévu que cette interdiction demeurerait « « jusqu’à ce que les avancées scientifiques, et l’évolution de l’opinion dans les autres pays ou au sein de la population néerlandaise » amènent à lever l’interdit ».

 

Depuis, le Ministère de la santé aux Pays Bas a initié un débat sociétal sur 5 questions éthiques : « la création d’embryons humains à des fins de recherche, le tri sélectif des embryons sur base de défauts génétiques non pathologiques, la modification génétique héréditaire lors de la conception, le développement d’organes humains dans des animaux, et la création d’embryons « synthétiques » (à partir de gamètes artificiels) pour la recherche ».

 

Une enquête, menée par l’Institut néerlandais Rathenau, vient de révéler « que seuls 23% des Néerlandais sont en faveur de la création d’embryons à des fins de recherche. 26% du groupe sondé sont « plutôt en faveur » d’un tel élargissement ». Plus encore, « seuls 39% des Néerlandais approuvent l’utilisation d’embryons surnuméraires pour la recherche », une pratique pourtant autorisée aux Pays-Bas. « 26% sont « plutôt d’accord » ». Concernant «  l’élargissement des 14 jours butoirs à 28 jours pour le développement de l’embryon en laboratoire », l’étude révèle que «  46% s’y opposent », quand seuls 34% y sont favorables.

 

Comparant ces résultats à une enquête de 2007, l’Institut observe que la population néerlandaise est de moins en moins favorable à la création d’embryons humains à des fins de recherche.

 

Par conséquent, l’institut invite le gouvernement néerlandais à s’interroger sur la pertinence d’une décision qui autoriserait la création d’embryons « pour la recherche sur les techniques de procréation médicalement assistée ».  La question de l’utilité ou même de « la nécessité de ces recherches au regard des alternatives disponibles » et celle des «  conséquences plus larges de cette pratique sur la société », doivent être étudiées, recommande l’Institut. Est cité en exemple le problème du « consentement des « parents » de ces embryons de laboratoire, donneurs de gamètes ». Enfin, l’institut invite le gouvernement à veiller « à ce que la décision politique fasse droit à la diversité des perspectives au sein de la société, et pas seulement à celles des scientifiques et des experts ».

 

Chez son voisin belge, si la loi interdit en principe la constitution d’embryons in vitro à des fins de recherche, elle l’autorise néanmoins « si l’objectif de la recherche ne peut être atteint par la recherche sur les embryons surnuméraires ». Ainsi entre 2006 et 2017, pas moins de « 2.832 embryons ont été créés spécifiquement pour des projets de recherche ». La Belgique et la Suède sont d’ailleurs les deux seuls pays européens à autoriser la création d’embryons in vitro à des fins de recherche.

 

Pour aller plus loin :

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<p><span style="margin: 0px;line-height: 115%;font-size: 10pt">Institut Européen de Bioéthique, <span style="margin: 0px">Gouman, J., S. Vogelezang & P. Verhoef</span> (18/03/2020)</span></p> <p> </p>

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